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Violences sur mineurs, dangers d'internet : à qui s'adresser ?

Enfant ou adolescent en danger ? Parent en difficulté ? La solution, c’est d’en parler ! Contacter le 119 (appel gratuit 24H/24)

violences mineurs que faire

En France, chaque jour, des centaines de mineurs subissent des violences. Agressions sexuelles, violences physiques, harcèlement à l’école ou sur internet, pornographie, prostitution… Ces violences prennent de multiples formes mais peuvent toutes avoir de lourdes conséquences. Chaque enfant devrait pouvoir être protégé de ces violences, c’est pourquoi les instances publiques essayent, depuis plusieurs années, de multiplier les solutions permettant d’aider ces jeunes victimes. Parmi ces initiatives, Jeunes Violence Ecoute avait été créé en 2000. Voici un état des lieux des violences que subissent les jeunes en France, et des dispositifs d’écoute, de conseil et d’aide existants.

Jeunes Violences Ecoute : fonctionnement, services, numéro

“Jeunes Violences Écoute” est un dispositif qui fut créée par la région Ile-de-France en l’an 2000. A l’initiative de ce dispositif, la volonté d’inciter les jeunes subissant des violences de tout ordre (physique, psychologique, verbale, etc) à ne pas rester seuls avec leur fardeau, mais à trouver un lieu d’écoute bienveillant et sécurisant, où le jeune puisse s’exprimer tout en gardant son anonymat.

Les missions de Jeunes Violences Ecoute

L’association propose un numéro d’appel gratuit à disposition des jeunes subissant des violences et des témoins de situations inquiétantes vécues par des mineurs. Les appels restent anonymes et sont  pris en charge par des professionnels, comme des psychologues ou des juristes, qui orientent les appelants vers des structures adaptées à proximité de leur domicile. En plus de numéro d’appel, Jeunes Violences Ecoute dispose d’un site internet avec des conseils, des dossiers, le détail des démarches à entreprendre selon les situations, des témoignages, un forum, une boîte à question pour poser anonymement des questions, etc.

Qui appelle Jeunes Violences Ecoute ?

Entre 2000 et 2016, Jeunes Violence Ecoute reçoit près de 15000 appels par an. 7 sur 10 proviennent d’adultes, essentiellement des parents, qui dans deux tiers des cas témoignent des violences que subit leur enfant un autre jeune. Dans un tiers des cas, l’adulte est lui même victime de violences de la part d’un jeune. Plus de la moitié des appels concernent des violences ayant lieu au sein de la famille, et seulement 10% des cas de violence en milieu scolaire. Les violences physiques représentent plus de la moitié des cas d’appel. Enfin, au cours des dernières années, des nouveaux types de violences sont apparus : violences contre soi-même et violences mettant en jeu l’utilisation des technologies.

Les types de violences subies par les mineurs

Agressions sexuelles sur mineurs

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En 2017, on estime à 150 000 le nombre de mineurs victimes d’agressions sexuelles. Non seulement ce chiffre ne diminue pas d’année en année, mais il est même en croissance. Seules 9% de ces victimes portent plainte, et une plainte sur dix seulement aboutit à une condamnation de l’agresseur. Dans 91% des cas, l’agresseur fait partie du cercle de connaissances du mineur. Dans 50% des cas, il s’agit de quelqu’un de sa famille.

Les études ont montré que les agressions sexuelles ont de lourdes conséquences sur la santé mentale des mineurs. Les adultes ayant subi un viol pendant leur enfance ont de fortes chances de garder des séquelles psychologiques responsables d’un terrain favorable à l’anxiété, à la dépression, aux phobies, aux idées suicidaires, etc. C’est notamment vrai pour les victimes qui ont gardé le silence, ou ont refoulé leur traumatisme. Pour se reconstruire, il est indispensable que l’enfant puisse exprimer ce qu’il a vécu. Il existe désormais des parcours spécialement conçus par des professionnels de la santé pour les victimes de viols pendant l’enfance.

Violences en milieu scolaire

Toutes les études sur le climat scolaire montrent qu’un nombre non négligeable de jeunes souffrent de violences à l’école, notamment de harcèlement. Les violences qui font les plus gros dégâts ne sont pas les plus impressionnantes. Ce qui use le plus les enfants ce sont les petites agressions répétées au quotidien : des insultes à répétition, des bousculades, des gestes et paroles blessantes ou dégradantes, etc. Les victimes de ces “petites” violence ont plus de chances de développer des troubles de l’équilibre psychologique et émotionnel qui peuvent conduire à la dépression ou encore à des tentatives de suicides. Le risque de décrocher scolairement est également plus élevé.

Depuis quelques années, l’Etat a concrètement oeuvré pour améliorer le climat scolaire dans les établissements les plus touchés par la violence, car plus de la moitié des cas d’agressions recensés sont concentrés dans 10% des établissements scolaires. Des assistants de prévention et de sécurité ont été placés dans les établissements pour renforcer le nombre d’adultes, et des équipes mobiles de viennent ponctuellement grossir les rangs. Depuis la mise en place de ce dispositif, le nombre d’agressions a diminué.

Dangers d’internet pour les jeunes

Internet est devenu un moyen de communication si facilement accessible que les jeunes y sont de plus en plus exposés à de graves dangers. Très jeunes, les enfants ont accès à des tablettes, des smartphones ou des ordinateurs. Le premier danger concerne les contenus traumatisants auxquels les enfants peuvent être exposés. La pornographie, par exemple, fait des ravages : 10% des visiteurs des sites pornographiques ont moins de 10 ans. Par ailleurs, internet est un lieu propice à la manipulation des enfants : cyber-chantage, marketing agressif, incitations à des comportements à risques, propositions d’adultes mal intentionnés, etc. Enfin, les jeunes utilisateurs d’internet qui ne veillent pas à la protection de leurs données se mettent également en danger.

Si les pouvoirs publics essayent d’oeuvrer pour protéger les mineurs de certains contenus internet inappropriés et d’autres dangers liés à la navigation sur le web, la meilleure protection qui puisse être offerte aux enfant est le contrôle assidu des parents. Il est préférable que les jeunes enfants n’aient pas accès à internet (ou bien seulement sous la surveillance directe des parents), et les téléphones et ordinateurs des adolescents doivent être équipés de logiciels de contrôle parental les plus efficaces possible. 

Prostitution des mineurs

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Ce phénomène est très peu connu en France, presque tabou, et pourtant il existe bel et bien et affiche des chiffres inquiétants. On estime entre 5000 et 8000 le nombre de mineurs prostitués en France, majoritairement des jeunes filles. Si le mineur prostitué se considère rarement comme une victime, il n’en demeure pas moins une. Quel enfant choisit vraiment librement d’être prostitué ? La prostitution est une violence subie dont les jeunes doivent être protégés.

Aujourd’hui en France, il n’existe pas encore de dispositif d’accompagnement dédié aux mineurs prostitués. L’association ACPE oeuvre pour sensibiliser le grand public et les institutions à ce danger, et pour que des moyens soient déployés pour aider ces jeunes.

Enfant en danger ? Contacter le 119

En 2016, la région Ile-de-France a mis fin à l’association Jeunes Violence Ecoute. Le service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger reste quant à lui disponible 24h/24 et 7 jours sur 7, sur tout le territoire français ainsi que dans tous les départements d’Outre-Mer. C’est un numéro à 3 chiffres, le 119, gratuit depuis n’importe quel téléphone, quelque soit le forfait. Le numéro est sensé être affiché dans tous les lieux recevant des mineurs. Les appels restent confidentiels.

Qui peut appeler le 119 ?

Toute personne concernée ou témoin de près ou de loin d’une situation de violence sur mineur peut appeler le 119. Les enfants et adolescents sont donc les premiers à pouvoir contacter le 119. Les adultes préoccupés par le risque d’un enfant d’être en danger sont également responsables de le signaler à un écoutant du 119.

Que se passe-t-il lorsqu’on appelle le 119 ?

Lorsqu’un enfant ou un adulte appelle le 119, il est reçu par l’un des 45 écoutants. L’écoutant pose toutes les questions nécessaires pour savoir s’il y a bel et bien danger ou risque de danger pour l’enfant, et rédige un compte-rendu de l’appel. Il apporte également ses conseils à l’appelant. Suite à l’appel, le compte-rendu rédigé par l’écoutant est transmis le plus rapidement possible à la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP) du département dans lequel habite l’enfant. La CRIP étudie le dossier et demande à la famille de l’enfant d’entrer en relation avec des professionnels compétents. Ces professionnels ont pour mission de vérifier que l’enfant est en danger de proposer une aide appropriée. Si la famille refuse l’intervention des professionnels et que le mineur est décrété être en danger au sens de l’article 375 du code civil, la CRPI le signale au parquet. Le juge des enfants peut alors être saisi. La CRPI est tenue d’informer les conseillers du 119 de l’issue de chaque situation, pour que ceux-ci puissent être les plus pertinents possibles dans les informations qu’ils donnent aux appelants. 

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