Observatoire THD 2020 d'Infranum : 1,5 million de prises privées de FTTH pendant le confinement

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Déploiement Fibre en France

Infranum a publié son observatoire du THD pour 2020. Il fait le point sur les déploiements THD, mais également sur les effets du confinement (1,5 million de prises non déployées).


Infranum, la fédération des entreprises autour du Plan Très Haut Débit, a présenté son observatoire du THD sur l'année 2020, avec le soutien de la Banque des Territoires, filiale de la Caisse des Dépôts, et en partenariat avec l'AVICCA, la fédération des institutions publiques (régions, départements, communes, syndicats d'institutions, ...).

Un déploiement généralisé de la fibre, retardé par le confinement

En 2019, le nombre de prises a évolué suite aux changements dans le nombre de logements et dans certaines communes ou intercommunalités. Ainsi, 2,6 millions de prises supplémentaires sont à couvrir, dont 2 millions pour la zone AMII et aucune en zone RIP (réseaux d'initiative publique). L'évolution du nombre de locaux représente une hausse de 1% par an en ZTD (zone très dense), 1,75% en ZAMII et 0,5% en ZRIP. InfraNum estime que 41,1 millions de prises seront couvertes ou à couvrir en 2022, dont 7,36 millions de prises en ZTD, 16,67 millions en ZAMII et 17,03 millions en ZRIP. Elles devraient atteindre les 42,4 millions en 2025

La production de prises devait atteindre 5,3 millions en 2020, soit une augmentation de 500 000 prises par rapport à 2019. Hélas, le confinement a bloqué le déploiement de la fibre. Ainsi, InfraNum estime que la production n'atteindra que 4,3 millions de prises, soit une perte de 1 million. Les effets du confinement vont aussi toucher l'année 2021 avec 4,7 millions de prises estimées, contre 5,2 millions de prises initialement prévues. Dans ses prévisions pour 2022, InfraNum estime que 32,6 millions de prises (79% des prises raccordables) seront couvertes avec le rythme actuel, et 7,6 millions restant à déployer dans les zones RIP. En 2025, elle estime une couverture fibre à 97%, mais 3 millions de prises ne seraient pas financées.

Le confinement : démonstration de la nécessité du THD

Le confinement a montré l'importance du Très Haut Débit. Le besoin de débit a été augmenté suite au télétravail et au maintien des activités des entreprises d'une part, les téléconsultations, la continuité pédagogique et le maintien des liens des personnes fragiles à domicile d'autre part.

Le mix technologique a permis de limiter les problèmes de débit dans certaines zones : 60 000 clients finaux du satellite et 1,6 millions de foyers sur 37 départements en THD Radio ont pu obtenir de meilleurs débits, qu'avec le DSL. Mais ces technologies alternatives vont augmenter les disponibilités, en attendant l'arrivée de la fibre. Le satellite Eutelsat Konnect va permettre de bénéficier de 100 Mbits/s, voir 200 Mbits/s en 2021. 21 départements vont devoir moderniser leurs réseaux THD Radio, du WiFi/WiMax vers la 4G Fixe, pour faire dépasser les 30 Mbits/s à l'utilisateur final.

L'InfraNum demande l'élargissement du soutien financier aux foyers dépourvus du THD filaire, au-delà des zones dépourvues de bon haut débit (> 8 Mbits/s), et l'augmentation de l'aide à l'installation de la THD radio ou du satellite à 250€.

Des freins techniques au déploiement Fibre

L'observatoire identifie les freins en cours sur le déploiement de la fibre. 4 freins sont mis en avant : les appuis communs avec Enedis, la base d'adresse nationale, le mode STOC et l'échange d'information.

Concernant les appuis communs, les opérateurs peuvent emprunter les poteaux électriques gérés par Enedis pour couvrir en aérien. Mais les décisions (lois, décrets, ...) sont encore trop complexes à mettre en œuvre, trop coûteuses (calcul de charges, redevance d'usage, conditions d'installation), mais nécessaires en zones rurales. Des discussions avec Enedis doivent continuer et le législateur doit intervenir.

La base d'adresse nationale (BAN) est encore incomplète : les opérateurs sont confrontés à des échecs d'installations à cause d'erreurs ou d'absences dans la BAN. En zone très rurale ou en Ile-de-France, des prises FTTH sont installées sans adresses dans la BAN. La mise à jour exhaustive de la BAN devrait aider au déploiement de la fibre ainsi que d'autres acteurs (secteur postal, livraison, énergie, ...), mais la multiplicité d'acteurs rend cette mise à jour impossible. L'AVICCA et lnfraNum demande l'intervention du gouvernement sur ce dossier.

Le mode STOC (sous-traitance à l'opérateur commercial) permet à l'opérateur d'infrastructure de laisser l'opérateur commercial de l'abonné finir l'installation "dernier km". Si il permet de faciliter le raccordement en laissant le sous-traitant de l'opérateur de l'abonné faire l'installation, ces derniers ont laissé de nombreux problèmes sur divers points de mutualisation, dont les "plats de nouilles". L'InfraNum a fait une proposition mais l'ARCEP a déjà effectué des choix en donnant à l'opérateur d'infrastructure le pouvoir de police sur les sous-traitants.

L'échange d'informations entre les différentes entreprises (opérateurs, délégataires, intégrateurs, ...) est crucial. Afin d'avoir une communication stable et standardisée, l'InfraNum, l'AVICCA et l'Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (qui a repris l'Agence Nationale du Numérique) ont développé une nouvelle version du standard Gr@ce THD. Gr@ce THD V3 est le standard du format d’échange de données en matière de description des réseaux, en particulier des RIP.

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