HADOPI a changé les modes de piratage

3 universitaires de l'Université de Rennes 1, du CREM et du M@rsouin (le Môle Armoricain de Recherche sur la Société de l'Information et les Usages d'INternet), ont mené une étude sur les effets de la loi HADOPI sur les pratiques des Internautes. Pour mener leur étude, ils ont interrogé plus de 2000 internautes .

Sur les 1340 internautes, 44% n'ont jamais téléchargé le moindre fichier vidéo ou musical. 14% sont des "Pirates HADOPI" c'est-à-dire qu'ils utilisent des technologies qui seront condamnés par la Haute Autorité (eMule, Bittorrent,...), 16% sont des "Pirates non-HADOPI" c'est-à-dire qu'ils utilisent des technologies que la Haute Autorité ne pourra pas contrôler (AlloStreaming, RapidShare,...) et 70% ne sont pas des pirates mais écoutent de la musique et regardent des vidéos via des moyens légaux (DailyMotion, Deezer,...).

L'étude confirme que les pirates consomment plus d'oeuvres numériques que les autres. En effet, 47% des "pirates HADOPI" et 36% des "pirates non-HADOPI" achètent dans les magasins tandis que 17% des non pirates et 4% du reste des internautes achètent. Cela prouve que les "pirates" utilisent les réseaux pour découvrir et expérimenter des artistes ou des oeuvres avant de les consommer ou de les rejeter.

Avec la loi Création & Internet, certains internautes ont changé leur habitude: 25% des pirates HADOPI, 21% des pirates non-HADOPI et 5% des non-pirates. Au final, les réseaux soumis à l'HADOPI voient leur population réduire au profit des méthodes non soumises à la Haute Autorité et entraînent avec eux des non-pirates: les pirates HADOPI diminuent de 15% tandis que les pirates non-HADOPI augmentent de 27% et l'ensemble des pirates est en augmentation de 5%.
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