État de l'Internet français en 2019 : de meilleurs débits en mobile

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L'ARCEP a publié son rapport de l'état 2019 de l'Internet en France. Elle permet de suivre les évolutions dans les réseaux. Le gendarme en profite pour faire le point sur la gestion des réseaux pendant le confinement.


Comme tous les ans, l'Autorité de Régulation des Communications Électroniques, Postales et de la distribution de la presse (ARCEP) fait l'état des lieux sur l'Internet français durant l'année 2019.

De meilleurs débits mobiles en 2019

Comme chaque année, l'ARCEP procède à des mesures de débits dans les réseaux des opérateurs, autant mobiles que fixes. Depuis 2017, l'ARCEP fait appel aux données des éditeurs de testeurs de débit (Speedtest, NPerf, ...). Pour les débits des opérateurs mobiles, le gendarme peut ainsi cumuler les données provenant de ses campagnes et celles des éditeurs. Pour les débits des opérateurs fixes, l'ARCEP développe une API pour les modems-routeurs, dont les box, afin d'identifier l'environnement de la connexion (xDSL, FTTx, 4G,...).

Pour l'instant, seules les données mobile sont utilisables. Ainsi, en 2019, les débits moyens ont atteint 45 Mbits/s, en hausse de 50% : 62 Mbits/s dans les zones denses, 46 Mbits/s en zone intermédiaire et 28 Mbits/s dans les zones rurales, soit une hausse de débit de 100% dans les zones rurales et 40% dans les autres zones. La navigation web s'est améliorée à 87% de réussite (chargement d'une page en moins de 10 secondes) et les tests en 4G restent à 96%.

Augmentation du trafic dans les interconnexions

L'ARCEP régule les réseaux en France, dont les interconnexions entre les opérateurs français et internationaux, notamment par les services de peering (publiques ou privés) ou les opérateurs de transit. Ainsi, les 4 principaux FAI (Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR) annoncent un trafic total de 18,4 Tbits/s, dont 48,7% en peering privé (8,97 Tbps) et 48,2% en transit (8,88 Tbits/s). Les capacités des opérateurs atteignent 49,8 Tbits/s sur l'ensemble des configurations. Le peering progresse à 52% (+2 pts) et les CDN internes se sont stabilisés à 17%. Concernant les origines du trafic, 55% du trafic provient de 4 acteurs : Netflix (23%), Google (15%), Akamai (9%) et Facebook (8%). Amazon arrive derrière à 4%.

Le bilan rappelle le Baromètre de la transition vers l'IPv6. Le régulateur rappelle l'inclusion de l'IPv6 dans les prochaines licences 5G pour les réseaux mobiles (actuellement quasi-inexistant).

Les réseaux durant le confinement

Durant le confinement, les réseaux ont été beaucoup plus sollicités. L'ARCEP a identifié plusieurs sources de congestions : les serveurs centraux des réseaux des FAI (mobiles et fixes), les points d'échange (interconnexion - IX), les serveurs des transitaires et des fournisseurs de contenus. Pour ces derniers, l'augmentation de trafic peut activer les protocoles de défense contre les attaques de déni de service (DDoS). Certains points d'échanges et opérateurs de transit ont vu passer plus de trafic, voir plus que les capacités disponibles. Côté FAI, les opérateurs peuvent être congestionnés par le type d'accès (xDSL, FTTx, 3G, 4G,...), l'infrastructure de réseau (antennes mobiles ou DSLAM), et la collecte ou les transferts des données (fibre, faisceau hertzien, satellite, ...).

Les différents acteurs de la chaîne ont participé à des actions pour limiter les congestions. Les utilisateurs finaux ont participé avec l'utilisation préférentielle du WiFi et le téléchargement en heures creuses. Les FAI ont participé avec la supervision quotidienne et la maintenance des réseaux mais également les gestes commerciaux avec communications, Data et chaînes TV offerts. Les fournisseurs de contenu ont limité la bande passante et le débit d'accès, ainsi que la réduction de la qualité des vidéos. Les autorités publiques ont publié des recommandations sur les usages et un dialogue avec les opérateurs, notamment sur la neutralité du net.

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