SFR : l'externalisation des centres d'appels pourrait être repoussée

En mai dernier, SFR annonçait le projet d'externalisation de 3 centres d'appel Service Clientèle Grand Public et de leurs 1.900 salariés d'ici le mois d'août. L'opérateur mobile, filiale de Vivendi, entendait conserver un centre d'appel SC Grand Public et les centres d'appels SC Professionel et Distributeur, soit 5 sites et 1.700 personnes.

Pour SFR, il s'agissait de confier sa relation clientèle à des sociétés plus expertes que lui, en l'occurrence Teleperformance et Arvato Services, les leaders du marché français de la relation clientèle qui possèdent des accords avec les principaux FAI et opérateurs télécoms mais aussi dans les assurances, dans les médias et l'énergie.

Les deux sous-traitants devaient conserver les 582 personnes du centre d'appel de Lyon et les 724 employés du centre de Toulouse pour Teleperformance ainsi que les 571 personnes travaillant à poitiers pour Arvato Services, pendant une durée de trois ans.

Le personnel de ces 3 centres s'était mis spontanément en grève lors de cette annonce et les syndicats avaient dénoncé le projet qui "remet en cause les rémunérations et les avantages sociaux obtenus".

10 jours plus tard, entre 300 (selon la direction) et 600 (selon les syndicats) employés de SFR s'étaient retrouvés pour manifester leur désaccord devant le siège de la société à La Défense, tandis que 85% du personnel toulousain était en grève et qu'une manifestation se déroulait à Lyon devant le Palais des Congrès où se tenait un meeting de l'UMP en présence du Premier Ministre, François Fillon.

Lors de l'examen du projet d'externalisation qui s'est déroulé mercredi, 54 des 58 membres du comité central d'entreprise (CCE) de SFR ont quitté la réunion, la direction refusant de retirer son projet, rapporte l'AFP qui cite des sources syndicales.

"Chacun est resté sur ses positions, tout est bloqué comme avant, la direction est droite dans ses bottes sur la continuation du projet", a indiqué Laurent Penon, secrétaire du CCE et délégué CFDT.

"On a dit qu'on était ouvert à des mesures d'accompagnement et peut-être à une souplesse dans le calendrier", a déclaré de son côté une porte-parole de SFR.

Seuls quatre représentants de FO et de la CFE-CGC, organisations qui sont déjà dans la négociation sur le projet, sont restés, a précisé M. Penon, information confirmée par la direction de SFR.

Selon une journaliste de l'AFP, une soixantaine de salariés du centre d'appels SFR de Toulouse ont défilé mercredi en centre ville brandissant des banderoles indiquant "1,7 milliard d'euros de bénéfices = 1.900 salariés virés" ou encore "SFR: virons mieux, virons ensemble" et scandant "actionnaires millionnaires, salariés dans la misère".

Des discussions ont été entamées jeudi matin entre la direction de SFR, notamment avec le P-DG de SFR Franck Esser et le DRH Stéphane Roussel, et les organisations syndicales, l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-Unsa, FO et la CFE-CGC. Selon un communiqué du syndicat Sud-PTT, la direction de SFR serait prête à reporter son projet d'externalisation au 31 décembre 2007 au lieu du 1er août.

Une décision de justice en référé est parallèlement attendue mardi, une assignation en vue de faire suspendre le plan ayant été déposée par le comité central d'entreprise (CCE) de SFR et la CFDT.


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