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La Finlande prend la Présidence de l'Union Européenne

Publié le 01/07/2006 - Lu 3398 fois - Auteur : musky00
"C’est le 1er juillet 2006 que la Finlande a pris la Présidence de l’Union Européenne. Le commencement de la Présidence finlandaise sera marqué par une fête inaugurale qui sera organisée le samedi 1er juillet sur la Grand Place de Bruxelles, avec en tête d'affiche le groupe de rock Apocalyptica."

C'est le communiqué que l'on peut trouver sur la version française du site internet de la Présidence finlandaise, et qui inaugure la prise de la Présidence de l'Union Européenne (UE) par la Finlande, pour une durée de 6 mois.

Le site web et la charte graphique de la Présidence finlandaise avaient été, eux, inaugurés le 31 mai 2006 par la ministre déléguée aux Affaires européennes Paula Lehtomäki.

Considéré comme le principal canal de communication de la Présidence finlandaise de l’UE, ce site est complété d'un autre exclusivement en anglais, consacré au Sommet ASEM 6, la 6ème réunion au sommet des chefs d'Etats et de gouvernement, qui aura lieu les 10 et 11 septembre à Helsinki.

Le site de la Présidence finlandaise publiera les communiqués et les déclarations, le calendrier des événements, les actualités, les données de fond ayant trait à la Présidence et des informations destinées aux médias. Une rédaction a été spécialement constituée au sein du Service de l’information et de la communication du gouvernement pour réaliser et gérer ce site, que tous les ministères doivent alimenter en informations.

L’interface utilisateur du site web de la Présidence est accessible en anglais et en français, mais les communiqués et autres informations d’actualités seront également publiés dans toutes les versions disponibles. Les informations en ligne en finnois et en suédois seront disponibles sur le site www.eurooppa-tiedotus.fi, comme cela était déjà le cas lors de la précédente Présidence finlandaise.

Le site propose un abonnement qui permet de recevoir les informations ayant trait aux événements de la Présidence, par SMS ou email. On y trouvera également la retransmission en direct ou en différé de conférences de presse.

Enfin, la page d’accueil du site se veut une actualité quotidienne, alimentée par la rédaction web. Un résumé de l'actualité européenne sera en plus mis en ligne chaque mercredi... en latin !

La Présidence finlandaise a en effet décidé de renouveler l'expérience réalisée en 1999 en utilisant la langue d'un des saints patrons de l'Europe, Saint Benoît. Ces versions latines, qui devraient être rédigées par deux professeurs d'université, Reijo Pitkäranta et Tuomo Pekkanen, latinistes renommés, ne devraient pas faire l'objet de traduction autre qu'en... finnois !

"Accedit, quod usus linguae Latinae cultui humano Europaeo honorem habet et de radicibus societatis Europaeae usque ad antiquitatem classicam pertinentibus omnes commonefacit" donne donc dans la langue du pays : "latinankielen käyttö on myös kunnianosoitus eurooppalaiselle sivistykselle ja muistutus eurooppalaisen yhteiskunnan antiikkiin ulottuvista juurista".

Evident non ?

Bon allez, voici la traduction donnée par l'AFP : "l'usage du latin tient lieu d'hommage à la civilisation européenne et de rappel des racines de la société européenne, qui remontent jusques aux temps de l'Antiquité classique".

Miia Lahti, rédactrice en chef du site internet de la présidence finlandaise indique que "l'expérience avait été très appréciée et nous avons décidé de la renouveler".

La Présidence finlandaise espère accueillir 100 à 200 000 visiteurs par mois sur son site internet.

Les Commentaires

Bonjour,
J'étais hier soir sur la Grande place de Bruxelles et je voulais seulement dire MERCI pour cette initiative !
Originale l'idée de s'en remettre à une langue neutre et équitable pour la communication internationale mais en dehors des professeurs et des membres du clergé, qui comprend cette langue et est-elle adaptée au 21° siècle ? Pourquoi ne pas utiliser une langue accessible, neutre et équitable...comme l'espéranto ? Merci de votre attention .
Tout à fait d'accord avec Jean ! Après 7 années de latin, je suis incapable de déchiffrer un texte dans cette langue... Après 1 an d'espéranto, je le parlais sans problème. L'espéranto a été créé par un Européen sur des bases latines avec une grammaire simple et règulière et un vocabulaire minimal à apprendre grace à un système de suffixes, qui donne une très grande richesse à la langue. Incroyable ? Il faut essayer pour le croire (sur Internet il suffit de chercher "ikurso" ou "lernu"). Pour une même idée et un même résultat : le latin est pour une élite - l'espéranto pour tous !
Personnellement, je suis heureuse de pouvoir lire quelque chose de contemporain en latin. Non, le latin, n'est pas pour une élite, mais c'est ce que le système scolaire a bien réussi à nous faire croire. Je n’étais pas très forte en latin au lycée, mais je ne m'en suis jamais privée pour autant car j'aime cette langue…et ce n’est pas grâce à l’école qui fait tout pour nous en dégoûter : on nous fait croire que c’est pour une élite, apprentissage livresque, rébarbatif, volonté de ne pas l’enseigner avec les méthodes modernes appliquées aux langues vivantes, etc. « Les langues représentent une partie essentielle du patrimoine vivant de l'humanité » comme dit l’UNESCO et aucune n’est plus noble ou pour l’élite que les autres. On a plus ou moins de facilités pour une langue, ç’est tout (dans mon cas, j’ai trouvé l’espéranto plus dur que le latin, alors comme quoi :-)). Tout le monde ne peut pas s’intéresser au latin, j’aimerais que plus de personnes puissent découvrir le latin d’une manière qui donne une chance d’aimer cette langue et la faire continuer à vivre (pourquoi ne pas essayer la méthode de chez Assimil, par exemple?). J’ai été lire le communiqué en question et je trouve que la Finlande nous prouve que le latin peut très bien s'adapter au monde moderne. Encore merci à la Présidence finlandaise !
Je partage le point de vue de Béatrice M., surtout en ce qui concerne l'enseignement du latin dans les écoles. Comme je comptais rédiger un mémoire de maîtrise sur un sujet médiéval, je me suis mis au latin. J'avais 31 ans, et comme presque tous les Québécois de mon âge, je n'avais jamais touché à cette langue. Au Québec, les professeurs de latin ont tous (99.9 %) été formés suivant les méthodes françaises. Dans les universités québécoises donc, le latin est enseigné en appliquant les méthodes françaises. Au sujet de ces belles méthodes lycéennes, il n'y a pas à dire, elles sont exécrables ; je n'en connais pas de pire pour apprendre une langue, et je ne m'étonne pas de lire des témoignages de gens qui ont peiné des années durant pour atteindre un niveau auquel il est possible de parvenir en quelques mois, pour peu que l'on soit discipliné et que l'on suive une méthode qui respecte les mécanismes naturels d'acquisition du langage. Ayant grandi en banlieue de Montréal, j'ai appris l'anglais tout simplement en y étant exposé tous les jours. Pour le latin, la méthode intuitive d'Assimil m'a tout de suite plu et en huit mois, je me suis vu en mesure de lire des textes du Moyen Âge qui n'ont jamais été traduits. L'intellect humain se fiche bien qu'une langue soit "ancienne" ou "moderne" ; il l'apprend, c'est tout ! Valete. Et croyez-moi, si vous parlez français et vous voulez apprendre le latin, vous êtes en bien meilleure posture qu'un politicien canadien-anglais qui doit apprendre le français pour soigner son image publique !
L'usage du latin comme langue européenne est un pari audacieux mais tenable: l'hébreu qui est une langue bien plus difficile (alphabet en plus différent), et qui était peut-être plus une langue morte que le latin, a bien été ressuscitée par l'Etat d'Israël depuis sa fondation après la deuxième guerre mondiale, et cela a marché. De plus, les petits bretons, les petits auvergnats, et les petits basques ont bien appris le français sous l'impulsion de la 3ème république en une ou deux générations. Le français, comme langue parlée par tous en France est un phénomène assez récent. Le français est pourtant une langue bien difficile ! Enfin, il faut bien comprendre que le latin qu'il suffirait de parler est un latin médiéval et populaire, beaucoup plus facile que celui des classiques César, et Cicéron. De la même façon: notre français commun n'est pas celui de Montaigne, Rabelais ou Molière, et pourtant nous nous comprenons bien!

Par ailleurs le latin aurait une signification politique ambitieuse: retrouver des racines et un avenir: quel arbre peut porter du fruit sans racine ? L’arbre européen en a cruellement besoin! L’enrichissement économique comme seul horizon politique n’est pas très enthousiasmant. C’est en se ressourçant à la source que l’on peut retrouver une espérance plus haute. Au 1er siècle après Jésus-christ, soit dit en passant l’espéranto aurait fait figure de langue élitiste, alors que le latin était exactement l’équivalent de l’anglais de l’époque, parlé par tout le monde de l’époque : tout le bassin méditerranéen…Le latin est aussi une langue très riche, la plus grande littérature au monde en quantité, et peut-être en qualité aussi. Enfin, c'est une langue de juristes par excellence, bien faite pour rédiger traités et règlements de lois, et au vocabulaire actualisée encore aujourd'hui. Agimus gratias Unioni Europaeae et Finnis pro hoc linguae latinae usu.
Valete Omnes!
Justement le bulletin en latin de la présidence finlandaise est traduit en Espéranto et publié sous l'adresse:
conspectus.wordpress.com/

L'Espéranto comme langue de l'Union Européenne aurait la plupart des avantages du latin sans ses inconvénients.
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