Il est très facile d'être anonyme sur
Internet ou de se faire passer pour qui l'on n'est pas grâce aux pseudos. C'est ce qu'a fait une femme en prenant l'identité de sa collègue de bureau sur le site de rencontres Meetic.
Après avoir présenté sa collègue comme "
une femme facile désireuse d'avoir des relations sexuelles", elle allée jusqu'à dévoiler ses coordonnées téléphoniques. Et ce qui devait arriver est bien entendu arrivé. La victime, déjà émotionnellement fragile, a reçu de nombreux appels d'hommes souhaitant la rencontrer. La "plaisanterie" s'est soldée par un arrêt maladie de dix jours.
Le tribunal de grande instance de Carcassonne ne s'y est pas trompé et a jugée la coupable, le 16 juin dernier, pour "
violences volontaires avec préméditation". En effet, la justice a estimé que l'intention de nuire était prouvée puisque "
de pareils agissements devaient nécessairement entraîner des appels dépourvus de toute ambiguïté".
A noter que l'accusée utilisait pour ce faire l'ordinateur de son patron dont, en tant que responsable informatique, elle connaissait les mots de passe, ce qui a constitué une circonstance aggravante aux yeux du juge puisque de ce fait la préméditation allait de soi.
La coupable a donc été condamnée à verser à sa victime 2 500 euros au titre de préjudice corporel, 1 500 euros au titre de préjudice moral et 2000 euros de remboursement de frais de justice. En outre, la Caisse d'assurance maladie, s'étant portée partie civile au vu des indemnités versées à la victime pendant son arrêt de travail de dix jours, se verra également rembourser, par l'accusée, les 4500 euros de prestations déboursés.
Il s'agit ici uniquement du jugement concernant l'action civile, la cour devant maintenant statuer sur l'action pénale. En effet, l'usurpation d'identité n'est pas considérée comme un délit tant qu'elle ne sert pas une action répréhensible par la loi. Dans le cas contraire, elle est punie de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.
Rappelez-vous donc que, si vous pouvez préserver votre anonymat sur Internet, la justice peut tout à fait, en cas de procédure judiciaire, obtenir votre adresse IP et à partir de là, votre véritable identité.