Les sociétés d'artistes et d'interprètes de l'Europe entière s'inquiètent des récentes déclarations de la Commission européenne. En effet, la redevance pour copie privée qui leur est reversée pourrait bien disparaître au profit de la légalisation des
DRM.
A l'heure actuelle, dans la plupart des pays européens, les sociétés d'artistes se voient reverser un pourcentage du prix de vente des CD et DVD vierges, des baladeurs numériques et parfois même des disques durs, en dédommagement des copies privées d'œuvres protégées réalisées sur ces supports. Ce dédommagement représente environ 35% des sommes collectées par ces sociétés.
Mais la Commission européenne a exprimé publiquement, il y a peu, sa volonté de revoir le système et d'y apporter des modifications substantielles pouvant aller jusqu'à sa suppression. En effet, avec la transposition généralisée de la directive européenne de 2001 sur le droit d'auteur, les DRM vont être légitimés. Dans un communiqué signé en commun, l'Aepo-Artis, qui rassemble 27 sociétés dans 21 pays européens, la Fédération internationale des acteurs (FIA) et la Fédération internationale des musiciens (FIM) font part de leurs craintes quant au remplacement des redevances par ces DRM.
En France, le projet de loi DADVSI (droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information) précise qu'il est interdit de contourner les DRM intégrées à un support numérique. Mais les sénateurs n'ayant pas défini un nombre minimal de copies privées autorisées, il pourrait s'ensuivre qu'une DRM pourrait complètement bloquer la copie.
Les associations de consommateurs et les opposants aux DRM ont fait savoir que, dans ce cas, une baisse des redevances pour copie privée sur les supports numériques, voire leur suppression, sera exigée.
«Le développement des DRM, sans la consultation ni la coopération des organisations d'ayants droit ne peut pas remplacer la rémunération pour copie privée», déclarent l'Aepo-Artis, la FIA et la FIM.
Et le sourire de la crémière aussi ?