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Nationalisation Internet: Myard veut une loi

Publié par Infested Grunt dans la catégorie Actualité/Internet le 21/12/2009
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Actualité Internet Après les réactions du Net, le député UMP persiste à nationaliser Internet pour lutter contre le dominance américaine sur le Net. Il veut en faire une loi. L'UMP en rejette déjà l'idée.
Après les réactions des internautes, le député UMP Jacques Myard s'est fendu d'un communiqué que nous vous livrons tel quel:

Nationaliser Internet ! Et vive la polémique !

Sur Radio Courtoisie, Jacques MYARD a évoqué la nécessité de « nationaliser Internet ». Ces quelques propos suscitent un buzz médiatique et font le tour de la Toile. De quoi s’agit-il ?
 
Tout d’abord, il faut se féliciter de la sensibilité des uns et des autres à propos d’un Internet mythique qui appartiendrait à tout le monde. Il est certes un moyen d’information désormais incontournable, mais bien souvent aussi un moyen de désinformation, que des Etats et leurs services spéciaux n’hésitent pas à utiliser.
 
« Nationaliser Internet » ne signifie en aucun cas créer une police des échanges entre particuliers, sous réserve de la diffamation ou la violation des droits d’auteurs. Nous sommes un Etat de droit.

En revanche, il faut savoir qu’Internet fonctionne par l’attribution des DNS (Domain Name System) aux différents opérateurs, sorte de routeur central du système, lequel est totalement aux mains d’une société américaine, l’ICANN, laquelle est elle-même le faux nez du gouvernement américain. Cela signifie que les Etats-Unis sont totalement maîtres du système et peuvent ainsi espionner le monde entier, pour leur propre sécurité, mais aussi pour leurs intérêts industriels ou commerciaux. Ils savent, eux, ce qu’est l’intelligence économique.

De surcroît, le logiciel du principal système d’exploitation est truffé d’erreurs permettant de multiples attaques de hackers qui peuvent paralyser des systèmes entiers, allant des hôpitaux aux centrales nucléaires, en passant par les médias. Le cas de l’attaque russe sur l’Estonie en avril 2007 ou encore la tentative chinoise de blocage des bases de données du gouvernement allemand en mai 2007, alors même qu’Angela MERKEL se trouvait en visite officielle à Pékin, en sont des exemples développés dans le rapport d’information n°2085 (page 203) des députés Jacques MYARD et Jean-Michel BOUCHERON « Les enjeux géostratégiques de la prolifération ».

Il est donc indispensable de maîtriser ce réseau qui échappe aujourd’hui totalement à la France et aux Etats européens.
 
L’une des solutions, avancée par Louis POUZIN, inventeur du principal protocole de l’Internet, le TCP/IP, serait que la France maîtrise ses DNS et crée des espaces de confiance au sein d’Internet qui échapperaient à toute tentative d’intrusion.
 
Cette « nationalisation » d’Internet, loin de porter atteinte à la liberté de communication, va au contraire la renforcer.
 
Jacques MYARD entend déposer une proposition de loi en ce sens.


Dans son communiqué, le député français fait la promotion de l'Internet à la chinoise (contrôle des DNS) tout en dénonçant les méfaits de ce système (l'exemple Merkel).

Apparemment, le président du Cercle Nation et République, un courant de l'UMP, n'est pas au fait du fonctionnement d'Internet, en particulier du fonctionnement des serveurs DNS, ni des derniers développements sur le fonctionnement de l'ICANN.

L'ICANN est le gestionnaire des domaines primaires (.com, .net, .biz, .de, .uk, .fr, .re,...). Elle redistribue ensuite ces domaines vers les opérateurs qui auront la charge de créer des noms de domaines (echosdunet.com, echosdunet.net, echosdunet.fr,...). L'association française AFNIC a d'ailleurs la gestion des domaines .fr et .re). Récemment, l'ICANN a trouvé de l'autonomie vis-à-vis de l'administration américaine: plusieurs pays ou organisations de pays (ex: Union Européenne) siègent dans les commissions.

Concernant le fonctionnement des serveurs DNS, les serveurs DNS des opérateurs font très bien leur office. Ils sont les premiers à répondre aux demandes des internautes français avant d'aller demander une information au serveur DNS de l'ICANN qui le renverrait vers celui de l'AFNIC (pour le .fr). La proposition du député pourrait revenir à forcer les FAI à avoir des "DNS menteur" comme l'avaient expérimenté Orange-Wanadoo et SFR. Cela contredit le principe de neutralité d'Internet.

Concernant les failles de Windows, rien n'empêche les administrations de passer à des systèmes d'exploitation libres, à l'instar de la distribution Linux française Mandriva. D'ailleurs plusieurs administrations sont déjà passées au logiciel libre.

La proposition de loi n'est pas encore déposée à l'Assemblée Nationale et la rédaction va en être particulièrement difficile. Le passage par le Parlement va l'être également: l'UMP, via son porte-parole Frédéric Lefebvre, a indiqué que ce n'est pas la position du groupe parlementaire et se désolidarise de cette action. Mr Lefebvre va même jusqu'à dire que le député Myard n'a rien compris à Internet.

Benjamin Bayard, président de FDN et combattant du filtrage d'Internet, répond au communiqué de Myard.
Un UMP qui veut nationaliser, c'est pas antinomique ça ?
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