Si
internet est devenu un passage obligé pour les candidats à la présidentielle 2007, son influence sur les intentions de vote reste difficile à évaluer, selon les experts.
Pour cette élection, les candidats n'ont pas négligé le média si l'on en croit la mutltitude de sites qui ont fleuri ces derniers mois. Chaque candidat détient un site principal autour duquel gravitent blogs et autres sites partisans. Pour Nicolas Sarkozy, ce sont quelque 900 blogs favorables qui ont été recensés par l'équipe du candidat. Quant à Ségolène Royal, elle ne serait sans doute pas la candidate du PS sans Désirs d'avenir et ses très nombreux sites décentralisés, selon Thierry Crouzet, auteur du livre "Le Cinquième pouvoir, comment internet bouleverse la politique".
Outil de campagne mais également de dénigrement, les uns l'utilisent donc pour faire leur promotion, tandis que les autres y voient un moyen efficace de descendre l'adversaire, comme l'a montré la diffusion de la vidéo de Ségolène Royal après ses déclarations sur les 35 heures dans les collèges.
Concernant le choix des électeurs, ils ne sont que 24% d'internautes à déclarer pouvoir être influencé par internet, selon un sondage de l'institut Novatris/Harris Interactive pour la radio RTL.
"L'internet participera à la formation du choix mais ce n'est pas lui qui va faire le vote", commente Yves-Marie Cann, du département opinion publique de l'institut Ifop, qui ajoute : "Plus de la moitié des électeurs n'ont pas accès à internet et ceux qui le consultent ne cherchent pas forcément de l'information politique".
La télévision reste donc loin devant en tant que source d'information politique, remportant 58% des suffrages contre 5% seulement pour internet. Selon Thierry Vedel, du Cevipof, le centre de recherches politiques de Science-Po, Internet serait perçu comme un média peu fiable.