Le Parlement européen a dénoncé, jeudi 6 juillet 2006, les entreprises collaborant aux systèmes de censure sur
internet dans certains pays, et a adopté une résolution sur la liberté d'expression sur Internet.
L'Arabie Saoudite, le Bélarus, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l'Iran, la Libye, les Maldives, la Birmanie, le Népal, l'Ouzbekistan, la Syrie, la Tunisie, le Turkménistan et le Vietnam sont "considérés comme des ennemis de la liberté d'expression en ligne".
Le Parlement constate que plusieurs sociétés américaines (Yahoo !, Google, Microsoft) ont été d'accord pour s'autocensurer "en suivant des instructions données par le gouvernement chinois" et que "d'autres entreprises, comme Secure Computing et Fortinet, fournissent aux gouvernements de Tunisie et de Birmanie les moyens de censurer l'internet".
Cisco Systems est également épinglé pour avoir "fourni à la police de ces pays des équipements permettant de surveiller les internautes". Quant à Yahoo!, le groupe "collabore depuis plusieurs années avec le système judiciaire chinois".
Les groupes européens ne sont pas épargnés puisque les Eurodéputés relèvent également la coopération de Telecom Italia avec le réseau cubain, "lourdement censuré", et celle de France Télécom avec l'opérateur tunisien Planet Tunisie "alors que le gouvernement tunisien a décidé de rendre inaccessibles tous les sites de l'opposition dans le pays".
La résolution demande aux Etats membres de l'Union Européenne (UE) et à la Commission européenne la mise en place d'un code de conduite volontaire pour ne "pas participer à des activités répressives" sur l'internet et "de faire dépendre les programmes d'aide de l'UE sur le développement des technologies de l'information à un accès sans entrave à l'internet".