L'UFC-QueChoisir dénonce des problèmes dans le déploiement fibre

Triple play

<p>18 mois après sa première étude sur le haut et le très haut débit, l'UFC-QueChoisir dénonce les problèmes du Plan Très Haut Débit 2022. Elle demande plus de transparence à l'ARCEP et l'accélération du déploiement de la montée en débit de cuivre.</p>

A la veille d'un point d'avancement du Plan Très Haut Débit 2022 par le Premier Ministre, l'association de consommateur UFC-QueChoisir a présenté son nouvel observatoire de la qualité d'accès à l'Internet fixe. Pour l'association, la situation est catastrophique avec le Plan Très Haut Débit 2022 : la fracture numérique s'est accrue avec le déploiement de la fibre dans les grandes villes tandis que la montée de débit n'a pas permis de réduire la fracture dans les zones rurales.

Un Plan Très Haut Débit 2022 encore insuffisant sans coup de rein

L'éligibilité à des haut et très haut débit montre encore des plafonds : 34,8% avec plus de 100 Mbps (FTTx), 28,6% entre 8 et 30 Mbps (ADSL), 17,4% entre 30 et 100 Mbps (VDSL, 4G,...), 9,5% sous les 3 Mbps et 9% entre 3 et 8 Mbps et 0,6% sans connexion Internet haut débit. En affinant par type de communes, le taux de population mal couverte atteint 31% dans les communes de moins de 1000 habitants, 12,4% pour les communes entre 1000 et 4999 habitants, 8,4% pour les communes entre 5000 et 9999, 4,8% entre 10 000 à 49 999, 3,4% entre 50 000 et 99 999 et 0,8% pour les communes de plus de 100 000 habitants.

En se limitant au "bon débit" (> 8 Mbps), les taux d'inéligibilité augmentent, voir doublent : 47,7% pour les communes de moins de 1000 habitants, 24,1% pour les communes entre 1000 à 4999 d'habitants, 18% de 5000 à 9999 habitants, 12,4% de 10 000 à 49 999 habitants, 8,5% de 50 000 à 99 999 et 2,1% de plus de 100 000 habitants. Pour le très haut débit (> 100 Mbps), seules les communes de plus de 100 000 habitants sont sous les moins de 10% avec 6,6% d'inéligibilité au THD : 76,3% pour les communes de moins de 1000 habitants, 61,1% pour les communes entre 1000 à 4999 d'habitants, 61,4% de 5000 à 9999 habitants, 43,3% de 10 000 à 49 999 habitants et 28,1% de 50 000 à 99 999.

Au vu des déploiements FTTH des opérateurs d'infrastructures (Orange, SFR FTTH, Axione, Altitude Infrastructure, Covage,...), l'UFC-QueChoisir estime à 12 millions le nombre de foyers couverts, soit 34,5% des locaux, et dans le parcours prévu par l'Etat et son Plan France Très Haut Débit. Mais l'association de consommateur estime que la couverture FTTH n'atteindra que 20 millions de foyers, soit 52,7% des locaux en 2022 avec le rythme actuel. L'objectif serait atteint en 2029, déjà moins que la prévision de 2017 en 2040. Pour tenir l'engagement du plan (80% des foyers en FTTH d'ici fin 2022), les opérateurs devront couvrir 19,8 millions de locaux en 4 ans.

Les débits restent plus importants en ville que dans le rural

Sur les offres haut débit, les zones denses, soit les communes ayant plus de 30 000 habitants et plus de 3000 habitants, tournent autour de 9 Mbps en haut débit. En zone rurale (entre 1000 et 2999), le débit tombe à 6,2 Mbps. Dans les petits villages de moins de 1000 habitants, le débit moyen s'établit à 5,2 Mbps. En ne retenant que les abonnés au très haut débit (VDSL, FTTx, 4G Fixe,...), le débit des grandes villes de plus de 30 000 habitants atteint 284 Mbps alors que les villes intermédiaires atteignent les 176 Mbps. En zone rural, le débit moyen descend à 86 Mbps dans les petites villes (entre 2000 et 2999), 56 Mbps et 49 Mbps pour les villages (moins de 2000 et 1000 habitants).

En débit montant (upload), le haut débit (ADSL, câble) reste limité entre 1 et 1,1 Mbps quelque soit le type de communes. Par contre, en très haut débit, le débit moyen monte à 107 Mbps dans les grandes villes (>30 000), 75 Mbps dans les villes intermédiaires (entre 3000 et 29 000 habitants), 29, 19 et 15 Mbps dans les zones rurales (petites villes, grands et petits village). La latence est assez importante dans le haut débit avec des temps moyens atteignant entre 88,9 et 111,7 millisecondes. Avec le très haut débit, la latence est divisée par deux, voir plus, avec des temps moyens entre 36,9 et 49,9 millisecondes.

L'UFC-QueChoisir montre la distinction entre les grandes villes et les villes intermédiaires qui ont accès à la fibre en FTTH et les zones rurales qui n'ont accès qu'à des solutions de secours comme le VDSL en monté de débit pour les petites villes et les solutions radio (4G, WiMax, satellite,...).

Les indicateurs proviennent du test de débit de l'UFC-QueChoisir. Ce dernier peut s'installer en extension sur navigateur Firefox et Chrome. Mais les résultats peuvent être biaisés par les équipements pour l'accès : la TV par IP est-elle allumée ou non, une box ancienne peut ne pas accéder au VDSL sur la ligne cuivre, des équipements anciens (box, carte réseau, ONT,...) peuvent être limiter par des ports Ethernet 10 ou 100 Mbps et/ou par une connexion WiFi b (10 Mbps), g (54 Mbps) ou n (200 Mbps) parasité ou non. Le terminal effectuant le test peut être ralenti par d'autres processus (un jeu vidéo par exemple).

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