Une pétition et plusieurs rapports présenté à Tunis lors de la 15ème journée internationale de la liberté de la presse ont condamné l'état de la liberté de la presseet de l'expression sur internet en Tunisie.
Opposants, défenseurs des droits de l'Homme et journalistes, ONG nationales et internationales ont lancé une semaine de manifestations sur l'état des "libertés d'expression, de création, de communication" y compris l'accès et la navigation sur le web à partir de la Tunisie.
La semaine a été inaugurée mardi par un appel-pétition en faveur du journaliste islamiste, Abdallah Zouari, banni à 500 km de sa famille depuis sa libération de prison.
Ce journaliste est réduit dans une liberté toute relative, a 500 kms minimum de sa famille, soumis a un controle permanent et suivi par la police politique. Bref, il ne serait pas plus libre en prison ...
On devraitégalement rencontrer les "internautes de Zarzis" qui ont été condamnés a des peines lourdes et considéré comme des terrorites pour avoir visité des sites internets interdit en Tunisie.
Les organisateurs devaient également exprimer leur appui à l'avocat Mohamed Abbou condamné le 28 avril à la prison pour la diffusion sur le net d'un article critique sur les prisons tunisiennes, les avocats observant un sit-in pour sa libération. Un des points forts des manifestations sera la présentation, les 6 et 7 mai de rapports de mission sur "l'état des médias et des libertés" en Tunisie élaborés notamment par la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH, Paris) et l'Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT). Des associations locales regroupées autour de la Ligue des droits de l'Homme (LTDH) et du Conseil national des Libertés (CNLT, non reconnu) présenteront également leurs observations sur l'état des médias, des conditions de travail des journalistes, de la censure et du contrôle d'Internet. Les organisateurs souhaitent dresser un état des lieux en vue de la participation des ONG au Sommet mondial de la société de l'information (SMSI), prévu en novembre à Tunis, ont-ils indiqué. L'organisation de ce sommet en Tunisie est critiqué par les défenseurs des droits de l'Homme, accusant ce pays de brimer les libertés et de verrouiller l'accès à internet. Caricatures et projections de films sont également au menu de la semaine dédiée à Zouhair Yahyaoui, cyberdissident fondateur du site "TuneZine", disparu au mois de mars. "Liberté de presse et médias du sud dans la société de l'information" est en outre le thème d'une conférence internationale organisée à Tunis par la "Ligue internationale des journalistes pour l'Afrique (LIJAF, Paris). Enfin, le "Journalisme Online" sera mercredi le thème d'une rencontre de journalistes à l'initiative de l'ambassade des Etats-Unis à Tunis et de l'ONG américaine "Internews". La journée a été marquée par un message du président Zine El Abidine Ben Ali qui a promis de "consolider davantage la liberté de la presse" et exhorté les journalistes à un "rôle majeur" à l'occasion du SMSI.