Les artistes conçoivent
Internet à la fois comme un outil et comme
un lieu d'expression. Ils appellent de plus en plus souvent les internautes à participer dans la création d'oeuvres
collectives originales.
Internet étant un réseau, des artistes ont eu l'idée de faire appelle aux internautes pour la création d'oeuvres d'art originales.
"Le cyberart se veut avant tout un
art de l'interactivité", écrivent Michel Léglise
et Anne Sauvageot dans leur rapport sur les oeuvres collectives sur
Internet.
Rien de plus simple pour l'internaute que de
collaborer à une création. Sur le site de Fred Forest par
exemple (
www.fredforest.org/ina), il suffit d'écrire un mot. Le
moteur de recherche intégré crée, à partir
de ce mot, une image constituée de 56 vignettes. Il ne reste
plus alors à l'internaute qu'à donner sa
définition du mot et à faire signer l'oeuvre.
"Les oeuvres créées sont à chaque fois
originales", précise Fred Forest. "Le dispositif implique
l'intervention de l'internaute qui donne un mot, mais aussi de tous les
internautes du monde qui déposent des images que le moteur de
recherche va sélectionner".
Pour ceux qui souhaitent
agir un peu plus, il y a le générateur poétique
d'Olivier Auber. Les internautes se donnent rendez-vous à une
heure précise sur le site, et ils créent tous ensemble,
en temps réel, une image, à l'aide d'un logiciel de
dessin téléchargeable sur le site
(http://poietic-generator.net).
Dès lors, la notion
d'auteur se fait de plus en plus floue : qui, de l'artiste ou de
l'internaute, est le créateur de l'oeuvre? "Je suis l'auteur",
affirme Nicolas Frespech. "En créant des interfaces, j'influence
la participation des gens, je la conditionne. C'est là qu'on
revient à l'idée d'oeuvre, car l'oeuvre d'art n'est pas
neutre".
"Mais l'intérêt de l'art participatif,
c'est aussi d'être dépossédé de sa
création", ajoute-t-il. C'est ce qui lui arrive avec son
"Echoppe" (www.fraisepeche.com/echoppe). Les visiteurs peuvent
commander la photo de leur choix, sans savoir ce que l'artiste en fera.