Intéresser les jeunes à la musique grâce au multimédia.
Publié le 17/03/2005 - Lu 884 fois - Auteur : Pfff
Intéresser des classes de 4e à la musique classique et au
jazz est le défi relevé par un professeur grâce
à l'outil informatique, une expérience originale
présentée aux rencontres de l'Observatoire des ressources
multimédias en éducation (Orme) qui se tient pour la 10ème année sur le thème "le multimédia et l'école".
L'Orme
permet aux enseignants de confronter leurs expériences et de
rencontrer institutionnels et éditeurs d'outils
multimédias éducatifs.
A deux par ordinateur, des
adolescents du collège René Cassin de Tarascon
(Bouches-du-Rhône) doivent choisir un instrument pour chacune des
sept pistes de son afin de composer un orchestre symphonique virtuel
personnalisé, jouant une mélodie jazzy.
"Cela
leur permet d'identifier les timbres de chaque instrument: comme ils
sont en train de créer, c'est de l'écoute active que l'on
obtient, pas forcément en leur passant des morceaux en classe
entière", explique Guillaume Baron.
Pour des jeunes
"biberonnés" aux chanteurs de la télévision,
persuadés que la musique est jouée en direct alors que le
play-back prime dans les émissions, ce travail de
décorticage "leur permet de comprendre comment cela fonctionne
et de découvrir des instruments quand ils ne
s'intéressent qu'à la mélodie et au chant",
poursuit le professeur.
Preuve de l'intérêt
suscité, tous les élèves étaient
volontairement présents à la démonstration et
certains profitaient de l'occasion pour répéter, casque
sur les oreilles et yeux rivés sur les paroles affichées
à l'écran, les chansons de la chorale du collège,
du tube du film les Choristes à un extrait de l'opéra de
Verdi "Nabucco".
Grace à l'opération
départementale Ordina13, qui fournit à chaque
collégien de 4e et de 3e un ordinateur portable, M. Baron s'est
formé en autodidacte "commençant par +Windows pour les
nuls+ pour finir avec des pavés de 500 pages sur la table de
chevet".
Les rencontres de l'Orme ont abordé le
problème de la formation des enseignants aux technologies de
l'information et de la communication pour l'éducation (TICE),
qu'ils sont sensés intégrer à leur pratique
professionnelle.
A l'IUFM d'Aix-Marseille, "les formateurs
n'ont pas été recrutés, la plupart du temps sur
ces compétences techniques, mais sur des compétences
didactiques et pédagogiques", fait valoir Claude Bertrand,
directeur adjoint.
Et sortis de la maîtrise de l'outil,
les jeunes enseignants "ne savent pas comment gérer une classe
travaillant sur ordinateur ou contrôler le travail
effectué", ajoute M. Bertrand, qui compte lancer à la
rentrée 2005 un module de formation continue sur les TICE...
tout en sachant qu'il est difficile pour les professeurs de se
libérer plus de 4 ou 5 jours pour y assister.
Et cela
sans compter, d'après les témoignages, les
réticences de certaines directions d'établissement
à investir cette orientation, les freins que mettent certains
enseignants, peu familiers à l'outil, ou encore les
incongruités techniques rencontrées comme l'absence de
mise en réseau ou tout simplement d'imprimantes pour recueillir
les travaux des élèves.