Thierry Breton quitte France Télécom pour Bercy
Publié le 26/02/2005 - Lu 921 fois - Auteur : achtungbaby
Elu local, auteur à succès, dirigeant de Bull, Thomson et France Télécom, le nouveau ministre de l'Economie n'ignore rien de la politique
Breton.
un redresseur d'entreprises à Bercy
«L'affaire Gaymard» s'est achevée hier avec la démission du ministre de l'Economie et son remplacement à Bercy par Thierry Breton, le PDG de France Télécom.
En milieu d'après-midi, Hervé Gaymard a publié un communiqué dans lequel il a reconnu «des maladresses» et «une erreur d'appréciation sérieuse concernant les conditions de mon logement de fonction». «Je ne veux laisser en aucun cas atteindre à travers moi les fonctions que la République m'a confiées et que je respecte au plus haut point, ainsi que l'action du gouvernement», a-t-il ajouté.
A Matignon, où ces derniers jours on déplorait le système de défense d'Hervé Gaymard, on assurait hier que le ministre n'avait «pas été poussé à démissionner». «Jeudi soir, il voulait encore tenir, mais vendredi matin, il y avait quelque chose de cassé chez lui.
Il a pris conscience qu'il devait démissionner par devoir d'Etat», expliquait-on. «Il y a eu une erreur de faite, il fallait que cette affaire s'arrête», soulignait-on plus crûment à l'Elysée. Agé de 44 ans, Hervé Gaymard faisait partie du premier cercle des chiraquiens.
«L'affaire» avait commencé le mardi 15 février avec les révélations du Canard enchaîné sur l'appartement de fonction des Gaymard, d'une superficie de 600 m², loué 14 000 euros aux frais de l'Etat. Devant le tollé, le ministre avait dès le lendemain annoncé son intention de déménager. Mais le «feuilleton Gaymard» s'est poursuivi tous les jours, avec diverses révélations embarrassantes concernant son patrimoine immobilier.
Agé de 50 ans, proche de Jacques Chirac et de Jean-Pierre Raffarin, Thierry Breton a une réputation de «redresseur d'entreprises», acquise lors de son passage à Bull, puis à Thomson Multimédia. Il présidait France Télécom depuis octobre 2002, une entreprise alors grandement fragilisée par une dette record de 70 milliards d'euros. Chef d'entreprise, mais aussi politique, il a siégé avec Jean-Pierre Raffarin au conseil régional de Poitou-Charentes de 1988 à 1992.
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