L'UFC-Que Choisir vient de publier les résultats de son étude sur les prix de la téléphonie mobile. Selon l'organisme de défense des consommateurs, il n'y a pas eu de réelle baisse des prix sur les tarifs de la téléphonie mobile depuis 2003. Dans le meilleur des cas, les mesures indiquent une baisse modeste, voire partielle.
L'UFC-Que Choisir affirme que cette situation est anormale du fait que le consommateur a la possibilité de connaître à tout moment les meilleures offres et changer de forfait. La concurrence est là, mais n'a pas eu d'effet réel pour baisser les tarifs mobiles.
L'organisme de défense des consommateurs fait les constats suivants :
Entre 2003 et 2007, il n'y a pas eu une vraie baisse généralisée de la facture des consommateurs alors même que l'usage d'infrastructures amorties autorise une forte réduction des prix. A l'inverse, on observe une alternance d'augmentations et de diminutions des prix, entrecoupées de périodes de stabilité.
Les opérateurs mobiles augmentent leurs tarifs quand ils ajoutent des services, là où par exemple les FAI ont ajouté des services sans changer leurs prix de base. Le consommateur en arrive à une situation où sa facture de téléphonie augmente selon l'opérateur de 4,1% jusqu'à 22% ! Dans le pire cas de figure, le plus petit forfait Bouygues Télécom a augmenté de 78%.
Les consommateurs pourraient en principe faire évoluer leur offre vers celle qui leur conviendrait le mieux, mais dans la réalité il est difficile de faire les bons choix, ou encore le client est bloqué sur son forfait par une engagement pouvant aller jusqu'à 24 mois. Et dans la pratique, en dehors de ces engagements, les opérateurs peuvent soumettre à conditions les changements de forfaits.
Le système du forfait est également pointé du doigt, puisque l'UFC-Que Choisir estime que soit le forfait est sous-dimensionné, et le consommateur va payer des minutes hors forfait, soit il est sur-dimensionné et le consommateur ne le consommera pas totalement.
Autre constat, l'augmentation de la concurrence, avec l'arrivée des MVNO n'a pas eu d'impact significatif sur les politiques tarifaires des trois opérateurs de réseau qui disposent de plus de 95 % du marché.
L'UFC-Que Choisir réclame une baisse drastique des terminaisons d'appels mobiles en 2009, l'interdiction des contrats de 24 mois et l'entrée d'un quatrième opérateur de réseau susceptible de restaurer la concurrence. La quatrième licence mobile n'a toujours pas été attribuée faute de candidats, et d'assouplissement des règles d'attribution. Toutefois, le Gouvernement a assoupli les conditions de règlement de la licence, ce qui pourrait débloquer la situation dans les mois qui viennent.
Source : Que Choisir