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Sauvons la télévision publique

Publié le 17/02/2008 - Lu 1433 fois - Auteur : musky00

C'est le nom d'un nouveau site créé par la Société des journalistes de France 2 en réponse à l'annonce brutale du projet de retrait de la publicité des chaînes de télévision publique.

Journalistes, techniciens, cadres, personnels de production et administratifs de France 2 se sont réunis pour informer le public "des déclarations politiques des élus et du gouvernement, des prises de position des professionnels de l’audiovisuel, de la publicité ou des personnalités de la société civile".

Ce site a pour vocation de tenir au courant les téléspectateurs des "dernières informations sur l’avenir de France Télévisions et de ses personnels", en mettant à disposition les dernières actualités sur le sujet bien sûr, mais également une revue de presse, une tribune libre, différents points de vue, des chiffres clés, ...

Rappelons que le 8 janvier dernier, le président de la République a annoncé un projet de suppression de la publicité sur les chaînes publiques pour le 1er janvier 2009. Alors bien sûr, les propriétaires de téléviseurs sont taxés à hauteur de 116 euros par an au titre de la redevance audiovisuelle, mais cette taxe n'est pas suffisante à faire vivre la télé publique. La publicité diffusée sur les chaines représente un tiers des financements de France Télévisions.

Des solutions ont été proposées pour compenser la perte financière de ce retrait de la pub, qui est évaluée à 1,2 milliards d'euros, si l'on tient compte non seulement des sommes qui ne rentreront plus mais également de celles qui devront être déboursées pour réaliser les programmes supplémentaires pour boucher les vides laissés par la disparition des annonces.

Selon la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, le manque à gagner subi par France Télévisions dès 2008 du fait de l'annonce de la suppression de la publicité ferait l'objet d'une dotation budgétaire, qui ne sera évaluée qu'en fin d'année. Les solutions pour compenser la perte proposées par le gouvernement semblent peu convaincantes : une taxe d'1% maximum sur les appareils permettant de recevoir la télévision - l'utilisateur encore et toujours taxé -, un prélèvement sur le revenu des fournisseurs d'accès internet et des opérateurs mobiles - qui se répercutera forcément sur le prix du forfait de l'abonné et au sujet de laquelle Frank Esser, président de la Fédération française des télécoms (FFT) et patron de SFR, a déclaré au président de la république "Nous ne pouvons accepter [cette taxe] inopportune et particulièrement contre-productive" - ou encore une taxe sur "les recettes de publicité supplémentaires des chaînes privées".

Une manifestation nationale, assortie d'une grève qui a fortement perturbé les programmes des télévisions et radios publiques, s'est déroulée mercredi 13 février, et a rassemblé à Paris 3 à 4000 salariés selon les organisateurs, 1800 selon la police. Les manifestants, des salariés de France Télévisions, Radio France, TV5Monde et RFI, ont défilé aux cris de "ni pub, ni soumises". La grève a été "massivement suivie" avec 44,8% de grévistes en moyenne sur l'ensemble du groupe France Télévisions, selon la direction, rapporte l'AFP. Ils étaient 42,8% à France 2, 57,4% à France 3, 13% à France 4, 11,2% à France 5 et 40,1% à RFO. Des pourcentages de grévistes inédits ont été atteints, allant jusqu'à 69% au service des sports de France 2. Le directeur des sports de France Télévisions, Daniel Bilalian, a lui même cessé le travail pour la première fois depuis 1974.           

Rappelons que cette décision gouvernementale a été annoncée sans concertation ni discussion préalable avec les acteurs du secteur.

"Sauvons la télévision publique" propose aux téléspectateurs, qu'il estime concernés au premier plan par cette affaire, de s'impliquer dans la démarche de sauver "une télévision publique forte" en s'informant sur le site, en s'y exprimant "sur toutes les décisions qui seront prises par les instances politiques responsables de l’avenir de la télévision publique" mais également en signant la pétition mise en ligne dont l'exigence est "l’ouverture d’un débat public avec l’ensemble des professionnels concernés, préalable indispensable à toute décision".

 

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