"Jusqu’ici, il y avait de bons et de mauvais profs. Les profs entre eux le savaient. Les parents étaient au courant. Les élèves en parlaient.", explique le site note2be.com, qui propose aux élèves, depuis le 29 janvier 2008, de noter leurs enseignants.
* Ton prof est intéressant ? Il est sévère mais juste ? Dis le lui. Ca lui fera plaisir.
* Ton prof est chahuté par la classe ? Il manque de motivation ? Ses cours sont embrouillés ? Dis le lui aussi ! Il a le droit de progresser !
peut-on lire sur le site.
Le hic, c'est que les professeurs ne sont pas notés anonymement, leur identité est révélée ainsi que l'établissement dans lequel ils enseignent et leur matière et que l'objectif du site ne semble pas convaincre tout le monde.
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), saisie de 17 plaintes et 160 signalements, a donc lancé une enquête officielle et "effectué en urgence, en vertu de l’article 44 de la loi « informatique et libertés », un contrôle sur place le mercredi 13 février", selon le communiqué paru sur son site qui précise que "Trois collaborateurs de la CNIL se sont donc déplacés dans les locaux des responsables du site".
La CNIL rendra publiques les suites données à cette affaire le 6 mars prochain.
Toutefois la Commission n'est pas la seule sur le pied de guerre puisque le Snes-FSU, syndicat enseignent, a assigné en référé les responsables de note2be.com devant la justice "afin qu’il soit mis un terme à ce qui apparaît comme un trouble manifestement illicite à l’ordre public".
Le Snes, qui qualifie le site de "provocation insupportable", a "demandé à ses avocats de prendre en charge des demandes de collègues dont le nom figure sur le site en cause, et sera, ainsi que la FSU, aux côtés des enseignants plaignants, dans le but de défendre les intérêts généraux de la profession".
La FCPE, qui se dit "choquée par les sites qui permettent aux élèves de noter et d’apprécier leurs professeurs", estime que "loin d’améliorer les relations élèves professeurs comme l’affirment ses créateurs, ce site est l’anti-thèse de l’éducation et de la citoyenneté puisqu’il est fondé sur la délation, le dénigrement et l’irrespect", rappelant que des élèves ont déjà été poursuivis "pour diffamation après avoir critiqué sur leur blog, leurs professeurs" et que "ce site les incite à des dérapages alors que les jeunes ne sont pas suffisamment informés sur ce que l’on peut écrire dans le respect des droits des uns et des autres".
Enfin, un communiqué paru sur le site du ministère de l'éducation nationale informe que Xavier Darcos est au courant de cette histoire et qu'il "condamne avec fermeté l'ouverture de tels sites et tient à rappeler que l'évaluation des professeurs et leur notation sont du ressort exclusif de l'Education nationale et plus précisément, des fonctionnaires habilités pour le faire : les inspecteurs et les chefs d'établissement".
Le ministre indique qu'il attend l'avis de la Cnil pour prendre "les mesures qui s'imposent".