La ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, a présenté jeudi un plan d'action pour lutter contre la cybercriminalité. Pas d'appel à la délation, dit-elle, mais une augmentation du nombre d'enquêteurs spécialisés avec une formation "au plus haut niveau" est au programme de la ministre qui veut se "donner les moyens adaptés" pour garantir "le plein exercice de la liberté des usagers et des citoyens".
La "plateforme de signalement et de veille" de l'internet est située dans les locaux de la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre. Huit policiers et gendarmes y surveillent le web et traitent les signalements de sites xénophobes ou pédopornographiques envoyés par les internautes. Sur 14 465 alertes reçues en 2007, 308 ont fait l'objet d'enquêtes en France et 1 552 ont été redirigées vers des services de police étrangers.
Dans le plan d'action présenté, Madame Alliot-Marie souhaite étendre le champ d'action de la plateforme à la lutte contre le terrorisme et à d'autres types de délinquance comme l'escroquerie. De nouvelles incriminations seront créées, comme le "délit d'usurpation d'identité sur internet, passible d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende", ainsi que de nouvelles sanctions telles des "peines alternatives de travaux d'intérêt général pour les hackers condamnés", afin qu'ils utilisent "leurs réelles compétences au service de la collectivité", rapporte l'AFP.
La captation à distance, "sous contrôle du juge", de données s'affichant sur l'écran d'un pédophile ou d'un terroriste fait également partie de ce plan d'action.
Au niveau européen, la ministre souhaite la création d'une "plateforme européenne d'échanges d'informations", sous l'égide d'Europol, et entend bien profiter de la présidence française de l'Union européenne dès le 1er juillet pour étendre à d'autres pays les "perquisitions sur un réseau informatique" pour l'instant autorisées uniquement pour les réseaux situés dans l'Hexagone.
Alliot-Marie a déclaré souhaiter la coopération des hébergeurs et des fournisseurs d'accès internet pour des "actions à mener en commun" ainsi que la mise en place "d'une charte des bonnes pratiques" visant à bloquer des sites illicites "comme la Norvège qui possède un dispositif de blocage des sites pédophiles", a-t-elle expliqué.