C'est en toute discrétion que l'Assemblée nationale a voté le 6 décembre dernier un nouvel amendement qui doit passer devant le Sénat cette semaine. Une taxe de 2% sur les revenus publicitaires de tous les sites Internet diffusant des "oeuvres ou documents cinématographiques ou audiovisuels" pourrait être instituée pour participer au financement du cinéma français.
Levée de bouclier, on peut s'en douter, sur la toile française. Car si les sites comme DailyMotion sont en première ligne, que dire de ceux qui reprennent leurs vidéos sur leurs propres sites ou blogs. Ils sont également potentiellement touchés !
A noter qu'il n'y a eu aucune concertation avec les professionnels du secteur. Fournisseurs d'accès, sites d'e-commerce ou encore le Groupement des éditeurs de services en ligne (Geste) semblent tomber des nues !
L'Asic (Association des services internet communautaires), créée tout nouvellement par Dailymotion, PriceMinister, Google, Yahoo et AOL, a réagi par un communiqué et s'oppose fermement à cette mesure en argumentant du fait que "l’introduction de cette nouvelle taxe n’est pas sans danger pour le développement de l’internet. Ainsi, la vidéo est devenue un moyen d’expression répandu et utilisé par les internautes français. Ceux-ci se voient ainsi offrir un lieu permettant d’héberger gratuitement leurs films personnels ou le récit d’évènements, notamment de l’actualité. Ces contenus peuvent ensuite être intégrés tout aussi facilement dans leurs blogs, leurs sites personnels ou dans leurs petites annonces".
"Si le Parlement confirmait l’adoption de cet amendement, ce serait un coup terrible porté à la dynamique d’innovation que connaît la France dans ce domaine et par ricochet constituerait un coup sans précédent porté à l’ensemble de l’écosystème Internet français", ajoute l'Asic dont les deux coprésidents, Pierre Kosciusko-Morizet et Giuseppe de Martino, déclarent : "Nous ne pouvons admettre l’adoption d’une telle taxation qui remettrait en cause la gratuité de la diffusion d’information et de partage des contenus réalisés par les internautes. S’il est naturel de réfléchir à de nouveaux modes de financement de l’industrie culturelle, l’adoption d’une taxation des créations des internautes semble particulièrement inadaptée".
Encore une fois, un grand n'importe-quoi voit le jour en France, pays qui semble vouloir tuer son internet et sa haute technologie à coup de taxes ! Que la France, si belle soit-elle, n'aille pas se plaindre que les consommateurs français aillent voir à l'étranger si l'herbe y est plus verte !