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Les mondes virtuels, un espace de persécution pour les enfants fragiles

Publié le 03/12/2007 - Lu 1852 fois - Auteur : musky00

Selon des chercheurs américains du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) d'Atlanta, le nombre d'enfants entre 10 et 17 ans affirmant avoir été victimes de mauvais traitements sur internet est passé de 6% en 2000 à 9% en 2005. Les moyens utilisés pour persécuter enfants et ados passent aussi bien par le courriel, que la messagerie instantanée ou le chat, avec un détail qui aggrave les choses : les enfants ne savent pas d'où émane la menace.

"Dans la cour de récréation, vous pouvez vous défendre en répondant à votre agresseur, mais c'est une dynamique tout à fait différente en ligne", souligne Marci Hertz, un des auteurs du rapport du CDC.

Comme pour toutes les agressions, parents et enseignants peuvent ne pas être au courant, les faits se passant dans la chambre des enfants qui n'en parlent pas. Et cela peut mener à des actes gravissimes comme cette adolescente de 13 ans qui s'est pendue avec sa ceinture après un échange d'insultes sur le site MySpace avec un garçon de 16 ans dont le pseudo était "Josh".

Sauf que le "Josh" en question n'était pas celui qu'elle croyait. Il s'agissait en réalité de la mère d'une ancienne amie de la jeune fille qui cherchait à comprendre les raisons de la rupture entre les deux filles, rapporte l'AFP.

"Certains enfants peuvent être capables d'ignorer tout ça, d'éteindre leur ordinateur et de passer à autre chose. Mais d'autres enfants sont plus fragiles", a indiqué Mme Hertz, interrogée par l'AFP.

D'autres cas ont été répertoriés, amenant le CDC a réaliser cette enquête essentiellement à la demande de "beaucoup d'écoles" démunies sur les actions à entreprendre pour protéger les enfants et demandant conseil sur les persécutions en ligne.

Selon le sociologue C.J. Pascoe, de l'université de Californie à Berkeley, il est normal que la violence s'installe sur internet au même titre que les autres "activités" : "C'est la transcription en ligne de ce qu'ils font dans la cour", explique-t-il.

Le rapport du CDC indique tout de même que pour 64% des jeunes persécutés sur internet, les mauvais traitements n'ont pas dépassé le cadre du virtuel. Ils affirment ne pas avoir été inquiétés à l'école par exemple.

Il faut toutefois tenter de faire la part des choses et tenir compte du fait que les outils proposés par internet permettent aussi aux jeunes timides de se faire des amis.
 

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