L'association Renaissance Numérique, qui regroupe de nombreux dirigeants dans le secteur de l'internet français, a appelé jeudi à la nomination d'un secrétaire d'Etat en charge du développement numérique. Rappelant le "fort retard" de la France dans ce secteur et les propos de Nicolas Sarkozy qui estimait nécessaire "une politique cohérente de développement numérique" alors qu'il était en campagne pour la présidentielle française, l'association a remis une lettre ouverte sous forme de vidéo au Président de la République.
L'association avait déjà publié en mars dernier un livre blanc décrivant 15 mesures qui devraient "réduire la fracture numérique en France". Si elle souligne des "avancées significatives", comme "l'évolution des positions du gouvernement et de plusieurs parlementaires" en faveur du "dividende numérique", elle souhaite toutefois que le secteur fasse l'objet d'une "forte volonté politique".
A l'heure actuelle, seulement 47% des foyers français disposent d'un accès internet à domicile alors que ce sont 70% des foyers allemands ou anglais et jusqu'à 80% des foyers aux Pays-Bas ou en Suède qui accèdent à internet depuis la maison. Sans compter que 2 000 communes françaises ne peuvent avoir accès au haut débit car faisant partie des fameuses zones blanches. En l'état actuel des choses, 60% seulement des foyers français seront, à terme, éligibles aux offre triple play (internet + téléphonie + télévision) des fournisseurs d'accès internet, indique l'association.
Pour permettre l'extension de l'internet sur tout le territoire, Renaissance Numérique prône l'attribution d'une partie des fréquences hertziennes, qui seront libérées lors du passage à la télévision numérique d'ici 2011, aux opérateurs télécoms, une question sensible qui n'est pas du goût des médias.
Nicolas Sarkozy avait promis, s'il était élu, de charger un "membre du gouvernement" de mener "la mission de prospective, de pilotage et de coordination de la politique de l'internet et du numérique".
Renaissance Numérique rappelle maintenant ses promesses au chef de l'Etat.