Fnac.com affiche son premier exercice bénéficiaire et veut devenir, dans deux ans, la première Fnac de France. Pour se distinguer des "pure players" qui la devancent en ventes, le site
Internet joue la carte des services.
Fnac.com confirme les bonnes dispositions entrevues lors du quatrième trimestre 2003, son premier bénéficiaire. Cinq ans après sa création, le site Internet atteint sa rentabilité et affiche un chiffre d’affaires marchandises de 93 millions d’euros, en progression de 52% par rapport à 2003. Ce chiffre d’affaires passe à 132 millions d’euros si l’on inclut la vente de services et de billets, soit une hausse de près de 42%. Si la rentabilité d’exploitation, conforme aux attentes, est saluée par Frank Leprou, il n’est cependant pas encore question de détailler les résultats. « Nous avons encore beaucoup de marge de progression », commente toutefois le nouveau directeur général de Fnac.com qui se dit « très optimiste pour 2005 », et prévoit « une croissance comparable à celle de 2004 ». « Les conditions de marché sont favorables, le nombre de clients croît régulièrement et nous améliorons encore notre qualité de service », ajoute-t-il.
En 2004, Fnac.com se satisfait également du doublement de ses visiteurs uniques. Plus de 400.000 par jour en moyenne, ce qui en fait en audience le premier cybermarchand de France, selon Nielsen/Netratings. Mais pas le premier en ventes. Mardi, Rueducommerce.com publiait un chiffre d’affaires prévisionnel accru de 72%, à 190 millions d’euros, et entendait, avec 270 millions d’euros en 2005, détrôner CDiscount en tête des vendeurs d’électronique en ligne. Contrairement à ses concurrents qui cassent les prix, Fnac.com doit souvent rester aligné sur les étiquettes des boutiques physiques. Cependant, Fnac.com se défend d’être trop chère et avance les réductions adhérents de 6%, le développement d’offres « spéciales Internet » ou la grande variété de son catalogue – un million de références – qui compte des modèles introuvables ailleurs. « Notre autonomie commerciale doit rester cohérente », explique Frank Leprou.
Pour éviter l’affrontement direct avec les « pure players », Fnac.com se définit comme « un magasin Fnac comme un autre ». En 2004, Fnac.com est devenu en volume la cinquième Fnac de France. Elle gagne trois places en un an en volume et espère se hisser en tête du classement d’ici deux ans. Et donc dépasser l’imposante Fnac Forum et ses 170 millions d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 10% en 2004. Mieux intégré au réseau, le site Internet développe les synergies avec les boutiques physiques, sur le modèle du « Clic en magasin ». En 2004, Fnac.com a ajouté la vérification de la disponibilité des stocks en magasin, la consultation des dossiers techniques en ligne ou la possibilité d’utiliser le SAV et de rapporter un produit en boutique. Des zones de téléchargement de musique et de développement de photos ont aussi été intégrés. Autant de services « qui bénéficieront sur le long terme ».