Suite aux annonces faites par certains blogueurs, en particulier le journaliste Jean-Marc Morandini, de révéler les résultats des premier et second tours de l'élection présidentielle bien avant 20h les jours-dits, la Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l'élection présidentielle et la Commission des sondages ont lancé un avertissement.
Tout commentaire ou toute publication d'estimations sur les résultats du premier tour avant la clôture du scrutin seraient "
une infraction pénale qui est susceptible (...)
d'être punie d'une amende de 75 000 euros par infraction constatée". Les commissions ajoutent que "
tout fait répréhensible sera immédiatement porté à la connaissance du procureur de la République".
Les deux commissions, dans un communiqué commun, s'appuient sur les principales dispositions de la loi du 19 juillet 1977 sur les sondages d'opinion, modifiée par celle du 19 février 2002, qui "
conduisent à ce que soient interdits, jusqu'à la fermeture, le 22 avril à 20 heures, du dernier bureau de vote en métropole, la diffusion et le commentaire, sur l'ensemble du territoire de la République, par quelque moyen que ce soit : des éventuels sondages réalisés à la sortie des urnes auprès des électeurs ayant voté le samedi 21 avril et le dimanche 22 avril, ainsi que des résultats des opérations ayant pour objet de donner une connaissance immédiate des résultats du premier tour ".
Il est également interdit "
qu'il soit publiquement fait état, par quelque moyen que ce soit, de simples tendances qui seraient issues de ces différentes opérations", précise le communiqué qui souligne que le "
respect scrupuleux [des dispositions]
s'impose naturellement à toutes les chaînes de télévision ou de radio mais aussi, notamment, à toute personne qui aurait recours à un procédé de communication au public par voie électronique".
Les commissions justifient l'embargo "
par l'absolue nécessité de préserver de toute interférence extérieure le droit de chaque citoyen à la libre expression de son suffrage. Il convient, en particulier, de conjurer le risque de voir certains électeurs renoncer à voter parce que le résultat serait prématurément présenté comme acquis ou de voir leur vote influencé par des informations diffusées illégalement et dont l'ensemble du corps électoral n'aurait pu disposer".
Mais les blogueurs ne l'entendent pas de cette oreille. Jean-Marc Morandini, par exemple, se demande sur son
blog "
quelle est cette logique qui veut que, pour apprendre le nom de son Président, un Français soit obligé d’aller consulter un site internet Belge ou Suisse, alors que nous, journalistes Français, avons les informations, mais sommes obligés de ne rien dire ?"...
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