1.600 bureaux de votes dans 82 municipalités de 33 départements utiliseront des machines à voter pour l'élection présidentielle française les 22 avril et 6 mai prochains. 1,5 million d'électeurs français, sur 44,5 millions d'inscrits, sont concernés par le vote électronique.
Si les communes peuvent utiliser des machines à voter dans certains bureaux de vote et la méthode classique dans d'autres, certaines ont choisi de passer au tout électronique comme Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine. Une décision qui ne fait pas l'unanimité !
Pour la majorité municipale, les 300.000 euros dépensés dans l'achat des machines sont un investissement : "Plus besoin de scrutateurs, de papier, l'organisation s'allège. Dans trois ans, les machines seront amorties".
Pour l'opposition en revanche, "il s'agit d'un déni de démocratie. L'achat des machines n'a même pas été débattu en conseil municipal", selon Joseph Dion, secrétaire de la section du Parti socialiste d'Issy-les-Moulineaux. "Le modèle acheté par la mairie n'offre pas la possibilité de recomptage manuel en cas de litige, il n'y a pas de contrôle visuel".
Les électeurs eux aussi n'acceptent pas le vote électronique. Certains Isséens ont même affirmé qu'ils ne voteraient pas, de peur que leur vote soit détourné. Ce matin, ils organisaient, avec Betapolitique.fr, "un dépôt collectif de plaintes pour contester la décision de leur mairie de n’utiliser que des machines à voter non-conformes pour les différents scrutins à venir". Car les machines achetées par la ville d'André Santini sont différentes de celles agréées par le Ministère de l'Intérieur en 2005 et ne respectent pas les très nombreux critères définis.
Mais il n'y a pas qu'à Issy que la grogne monte. La contestation est nationale et le site Ordinateurs-de-vote.org, qui a lancé le 28 février dernier une pétition en faveur du maintien du vote papier, a recueilli plus de 66.000 signatures. L'association a d'ailleurs lancé "un appel solennel à l'ensemble des électeurs pour vérifier que les machines à voter présentes dans les bureaux de vote sont conformes aux conditions d'agrément édictées par le ministère de l'Intérieur".
Certains candidats (François Bayrou, José Bové, Marie-George Buffet, Jean-Marie Le Pen), le Parti socialiste ou encore les Verts ont demandé un moratoire sur leur utilisation.
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