Le premier Forum sur la gouvernance de l'
internet (FGI), qui se déroule depuis lundi et jusqu'à jeudi dans la banlieue sud d'Athènes en Grèce, a vu, mercredi, ses discussions tourner autour du langage utilisé sur la Toile, rapporte l'AFP. Ainsi, si plusieurs participants réclament une ouverture de l'Internet au multi-linguisme dans le but d'une préservation de la diversité culturelle, d'autres estiment que cette ouverture nuirait que l'uniformisation linguistique du réseau permet de conserver un réseau mondial cohérent.
En effet, si les contenus peuvent être rédigés dans toutes les langues et tous les alphabets, on observe sur la Toile l'exclusivité de l'alphabet latin en ce qui concerne les noms de domaine et une forte domination de l'anglais pour les logiciels qui permettent le fonctionnement du réseau. Rien que le "html", le langage informatique utilisé pour créer des pages web, nécessite une connaissance de l'anglais.
Bertrand de La Chapelle, représentant de la France au FGI, a expliqué à l'AFP : "C'est un vrai problème pour des raisons d'égalité entre les nations. Les enjeux sont aussi économiques : une entreprise chinoise qui veut une adresse internet doit transcire son nom dans un alphabet qui n'est pas le sien". "En Chine, 300 millions de personnes apprennent l'anglais [...] Mais les Chinois n'aiment pas utiliser des lettres latines pour transcrire leur langue. Ils veulent des idéogrammes", a ajouté Hu Qiheng, présidente de la Société internet de Chine.
Les représentants africains revendiquent également cette ouverture linguistique : "Pour l'Afrique, il s'agit de faire en sorte que cette nouvelle société de l'information ne laisse pas de côté des millions d'Africains", a souligné Adama Samassékou, président de l'Académie africaine des langues, qui estime que "cette uniformisation présente des dangers pour la survie des langues à long terme".
Toutefois, selon Elizabeth Longworth, de l'Unesco, "l'architecture de l'internet relève plus aujourd'hui d'un domaine d'intérêt public que d'un lieu de souveraineté et de défense des cultures locales".
Du côté des utilisateurs, le problème semble être de moindre envergure, les moteurs de recherche permettant des requêtes dans n'importe quelle langue et à partir de n'importe quel mot et non pas d'une
url. "Si je veux un nom de restaurant proche de mon hôtel grec, je n'ai qu'à poser ma question sur Google et j'aurai la réponse à ma question", déclare un internaute japonais. "Alors pourquoi créer un autre système ?".