En 2004, Anne-Sophie Lainnemé, habitante de la ville de Rennes en Ille-et-Vilaine, se retrouve poursuivie par la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) pour avoir téléchargé et échangé illégalement des fichiers musicaux via les réseaux "peer-to-peer".
C'est le SRPJ (Service régional de police judiciaire) de Rennes, où elle a été convoquée le 21 septembre 2004, qui lui a appris la nouvelle : "Ils m'ont annoncé que la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) avait déposé une plainte contre X pour téléchargement et mise à disposition de musique sur
internet et, qu'après enquête, je faisais partie des X", avait expliqué la jeune femme à l'AFP.
Ils étaient une cinquantaine d'internautes dans le même cas en France en 2004 mais Anne-Sophie a été la seule à témoigner à visage découvert dans les médias, faisant même la couverture du magazine Telerama.
Anne-Sophie Lainnemé reconnaît les faits : "Je téléchargeais les fichiers pour découvrir de nouveaux artistes et acheter leurs albums ou aller les voir en concert. Je n'avais pas l'intention de léser qui que ce soit", a-t-elle déclaré devant le tribunal, ajoutant ne pas savoir qu'elle mettait à disposition les fichiers téléchargés. En effet, dans le logiciel Kazaa utilisé par la jeune femme, la mise à disposition des fichiers est activée par défaut.
Risquant 3 ans de prison et 300.000 euros d'amende, Anne-Sophie a comparu devant le tribunal de grande instance de Rennes jeudi, défendue par Me Bernard Lamon, inscrit au Barreau de Rennes et spécialisé dans le droit d'auteur. "Des études très sérieuses ont été réalisées qui démontrent que le téléchargement n'a aucune influence négative sur l'industrie du disque" a déclaré l'avocat.
Le jugement a été mis en délibéré au 30 novembre.