C'est par la création de l'Alliance Culture d'abord que des artistes européens ont décidé de défendre la redevance sur la copie privée. Ils estiment en effet que ce système est indispensable à la rémunération des artistes, au financement de la création et la production, et à la préservation de la diversité culturelle en Europe. Ils soupçonnent Bruxelles de vouloir le remettre en cause sous la pression des industriels de l'électronique et du logiciel.
La copie privée est autorisée, sauf au Royaume Uni où elle est strictement interdite, dans le cadre d'un usage familial. La redevance liée aux supports vierges d'enregistrement, CD, DVD, lecteurs
mp3, a rapporté, en 2005 dans l'Union Européenne, 560 millions d'euros aux ayants-droit, selon l'Alliance Culture d'abord.
"La redevance sur la copie privée est un moyen des plus justes et des plus intelligents qu'on ait pu trouver pour rémunérer les auteurs", selon le réalisateur français Bertrand Tavernier. "Sans nos oeuvres, il n'y aurait pas de fabricants car il n'y aurait rien à diffuser", a-t-il ajouté.
"Les droits d'auteur sont le seul salaire de l'auteur", a insisté le compositeur italien Roman Vlad.
Quant au producteur français Patrick Zelnik, il a qualifié d'aberrant le projet d'une remise en cause du système de la copie privée par la Commission européenne. Selon lui, cela équivaudrait à un "suicide collectif pour la musique" et la "diversité culturelle" en Europe.
Et les
DRM alors ? Selon le chanteur français Yves Duteil, les DRM ne suffisent pas à protéger une oeuvre. "Il existe des milliards d'oeuvres qui circulent sans protection" de par le monde. "Les fabricants engrangent des bénéfices énormes et n'en versent qu'une partie minuscule pour la copie privée", ajoute-t-il, soulevant là très certainement le fond du problème. Il paraît en effet évident que si les artistes obtenaient une participation plus importante sur les téléchargements, la copie privée, et surtout la redevance qui l'accompagne, ne serait pas si âprement défendue.