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Google, MSN et consorts, la presse belge donne sa version des faits

Publié le 17/10/2006 - Lu 3096 fois - Auteur : musky00
Dans le cadre de l'affaire qu'on pourrait appeler "Les éditeurs belges contre les moteurs de recherche", notre confrère PC INpact a donné la parole à Francis Féraux, du journal belge L'Echo et Directeur général de Press Banking s.a., un des organismes à l’origine des actions en justice actuelles contre les moteurs de recherche.

"Quand on entre dans un kiosque à journaux, est-il concevable de prendre une gazette et de sortir sans la payer ? Pourquoi en serait-il subitement devenu autrement pour la bonne grâce de l'Internet ?". C'est ainsi que Francis Féraux débute son analyse de la situation.

Rappelons que les éditeurs belges, rejoints par les journalistes et photographes, ont assigné Google en justice pour violation du droit d'auteur. Ils accusent le moteur de recherche d'utiliser leurs contenus sur google.be et le portail d'actualités news.google.be sans autorisation de leur part et sans compensation financière. Le portail Msn a subi les mêmes revers mais il semble que Microsoft soit plus conciliant que le géant de Moutain View et prêt à négocier.

Pour Francis Féraux, la réaction rapide de la firme de Redmond a une raison bien précise : "Microsoft étant de très longue date à la tête de la BSA, organisme créé pour contrecarrer le piratage informatique en matière de licences logicielles et ainsi protéger ses droits d'auteur quant aux concepts développés par elle, l’éditeur aurait mauvaise presse si, d'aventure, il ne devait pas respecter les droits d'auteur des médias".

Mais qu'est-ce que les éditeurs belges reprochent réellement aux moteurs de recherche ?

"Nous sommes POUR l'existence des moteurs de recherche qui permettent à la communauté internaute d'accéder aux informations. Cela dit, il convient d'admettre que s'il est très utile de faire du "référencement", ce n'est pas pour autant qu'il soit permis de "prendre" notre "patrimoine" et de le diffuser gratuitement sans vergogne et sans aucun retour réel", explique Francis Féraux qui en profite pour contre-argumenter sur le fait que Google entraîne une augmentation du trafic vers les sites des éditeurs : "Y a-t-il au monde un seul éditeur capable de chiffrer avec précision ce que représente "l'apport de Google" dans leurs chiffres annuels ? NON (ou alors, vous me le présenterez) !".

Finalement, Monsieur Féraux conclut en démontrant que ce ne sont pas les moteurs de recherche qui font vivre la presse mais bien l'inverse. Sans contenu à se mettre sous la dent, Google, Msn et les autres n'auraient plus qu'à fermer boutique. Il lui semble donc logique que les moteurs de recherche mettent la main à la poche pour obtenir ce contenu qui est indispensable à leur survie.

"Est-ce Google qui "fabrique" l'information ? NON, c'est la presse et cette presse a besoin de beaucoup de moyens pour faire son travail correctement (…) les éditeurs de presse dépensent des montagnes d'argent en matière de confection de sites Internet et autres Newsletters. Donc, si tous ces contenus sont systématiquement repris par des moteurs "américains" de recherche (Google, MSN et consorts) sans qu'il y ait de contrepartie financière véritable, à quoi servent et surtout, à quoi serviront ces investissements dans le futur ?".

Interrogé par PC INpact sur le cas des éditeurs français, Francis Féraux remarque qu'il est difficile d'aller soudainement à l'encontre d'une pratique établie, et manifestement tolérée, depuis 3 ans. Aussi, il comprend que les éditeurs français attendent que le jugement belge soit considéré comme jurisprudence européenne. "Si tel était le cas", répond-il à notre confrère, "cela permettrait alors à la presse française de suivre le mouvement se basant sur une nouvelle donne européenne en matière de jurisprudence".

Les Commentaires

Ce n'est pas la presse qui fabrique l'information, ce sont les agences de presse. La plupart des journaux ne font que reprendre. Rares sont les quotidiens qui ont une vraie plus-value. Sur Internet, on les reconnait: les articles brefs sont proposés gratuitement, et les dossiers sont payants.

Je parle là bien sur des quotidiens généralistes, car les jounaux spécialisés (journal du net, zdnet, l'internaute,échos du net...) sont eux gratuits et/ou financés par la pub.
Ah bon ! Ce sont les agences de presse font l'info à elles seules ? Les milliers de journalistes (qui "coutent si cher" selon les éditeurs) sont employés uniquement dans le cadre d'une thérapie occupationnelle sans doute !?
Un brin de sérieux et un brin de considération pour leur boulot, ce serait vraiment bien.
Ca leur permettra de continuer à livrer de l'info... De préférence de l'info de qualité (celle qui demande du temps, de l'argent de l'éthique et du savoir-faire), sur un maximum de canaux, pour un maximum de lecteurs, riches ou pas. Et parmi ces canaux : un internet accessible à tous, sur un modèle moderne et dynamique.
Le mail qui précède était donc de Alain Guillaume, directeur général de la SAJ (l'un des plaignants) Sorry : signature avait sauté
J'avoue ne pas bien comprendre l'argument des plaignants, en effet, les contenus auxquels les moteurs de recherche (google, que j'utilise en l'occurence) renvoient sont situés sur les sites des journaux, et mis en ligne par eux sans exiger de contrepartie financière de la part de l'internaute (si le contenu est protègé, ou payant,il ne sera pas possible d'y accèder).
Qu'est-ce qui pose tant de problèmes, le fait que l'intenaute accède à ce contenu sans passer par la page d'acceuil du site du journal ? Ou le fait que par ce dernier biais, il lui est impossible d'avoir une autre opinion que celle du journaliste facilement accessible ?
Monsieur Alain Guillaume, vous dites faire parti des plaignants, et vous dites que vous êtes pour, je cite, "un internet accessible à tous, sur un modèle moderne et dynamique.".

C'est parfaitement contradictoire, ce que vous préconisez est rétrograde et va à l'encontre de l'accessibilité justement. Je pense sérieusement que la presse Belge a bien plus à perdre à se comporter comme ça qu'à y gagner.

PS : vous n'envoyez pas un mail, vous avez juste posté un commentaire sur un article.
CTRL+C CTRL+V ... c'est ainsi qu'on a l'impression que les journaux font leur travail quand on lit une même nouvelle dans plusieurs journaux ... on se demande où est la plus value ...

mis à part cela, je remercie le ciel que certaines vraies révolutions ne soient pas tombé sous la sutpidité deu droit de la propriété envers et contre tout ...

imaginez un monde où flemming aurait mis sa découverte de la pénicilline sous une protection similaire à celle que l'on rencontre en musique ...

c'est un réel débat sur le droit d'auteur qu'il faudrait engendrer, plutôt que de crier au voleur à tout va ... il y a deux poids deux mesures tout de même ... qu'on récompense les auteurs et les respectent oui, qu'on finance les organismes mondiaux qui prétendent faire respecter cette récompense NON.
Beaucoup de choses à répondre aux intervenants et trop longues à mettre ici, je les invite seulement à assister ne fût-ce qu'une seule fois, au travail du personnel d'un quotidien, qui se compose de journalistes, d'informaticiens, de délégués commerciaux, d'un staff pour les abonnements et livraisons, d'un service de navettes, d'une gigantesque rotative utilisée par plusieurs pour des économies d'échelles, de conseils juridiques et d'un management. A quel prix ?
La presse et les agences "qui font l'infos" dies-vous, si vous connaissiez le montant payé par les quotidiens aux agences de presse....c'est énorme. Comme il faut avoir plus d'un flux afin de croiser l'info, c'est au minimum Belga et AFP + Bloomberg + Reuters +++..... une fortune dépensée annuellement par les éditeurs. Au dessus de cela, nos rédactions opèrent une sélection de dépêches pertinentes et complètes. Certaines d'entre elles seront reproduites "as is", beaucoup d'autres serviront de base aux journalistes de nos rédactions aux fins d'interviews et d'analyse profonde de dossiers. N'êtes-vous pas sensibles au fait que dans les affaires policières, bien souvent on accuse la presse de s'immiscer aux enquêteurs ? Je pourrais vous décrire mille exemples supplémentaires sur le travail journalistique au départ d'une "dépêche", mais voilà, l'info sur le Web est plus facile et rapide à lire que d'ouvrir une gazette !
Il faut aussi savoir que nos rédactions fournissent elles-mêmes et tous les jours des infos aux agences ainsi qu'aux radio et TV. Mais cela, on ne sait pas ou on passe sous silence parce qu'on ne connaît pas et qu'on a pas envie de savoir. Dame, installé devant son PC, c'est bien plus confortable. Je terminerai en relevant deux points : 1) beaucoup de journalistes de la presse, tant écrite qu'audiovisuelle meurent chaque année sur le terrain de leurs "métiers". D'autres se font kidnapper durant des centaines de jour et dépendent uniquement du fait de savoir si leur gouvernement va payer la rançon pour les libérer ou non. En passant sous silence les efforts de leur métier et les risques qu'ils encourent par le fait de croire que ce sont les "agences" qui font l'info, vous bafouez leurs mémoires et faites peu de cas de leur vie. Sachez aussi que ce sont eux qui, scotchés, sur leur G ou sur leur portable dans l'inconfort d'une jeep en plein baroud, informent les "agences de presse" rivées à leurs PC et devant leurs TV dans l'attente de LA nouvelle. 2) Les remarques qui me sont données à lire en réaction à nos actions contre Google, me font bien souvent craindre que le niveau intellectuel de la société d'aujourd'hui est subitement devenu "un territoire en voie de développement".
Sachez aussi et pour conclure, qu'avant même que les créateurs de Google ne soit sortis de leur études, j'ai été un des premiers avec mon équipe à mettre les articles du journal L'Echo sur notre nouveau site Internet en.....octobre 1997 !!! Bonsoir.
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