Il arrive que des auteurs de blogs arrondissent fortement leurs fins de mois en transformant leurs écrits en ligne en livres. Encore faut-il qu'un éditeur les remarque et c'est le cas de "petite anglaise", ou plutôt de son auteur Catherine Sanderson.
Rappelez-vous de
cette histoire malheureuse : Catherine, qui ne précisait pas son nom à l'époque, était secrétaire dans la société britannique de comptabilité Dixon Wilson. Anglaise expatriée en France, elle tenait son journal intime en ligne, journal qui lui a coûté son travail, son patron estimant que le
blog nuisait à l'image de la société. Très surprenant puisque Catherine n'avait jamais cité ni le nom de la société en question, ni celui de ses collègues.
Toujours est-il que le style d'écriture de Catherine a séduit la maison d'édition Penguin qui a racheté
le blog. Un contrat pour deux livres a été signé entre les nouveaux partenaires. Le premier livre devrait être publié au printemps 2008.
Le montant du contrat n'a pas été révélé mais Colin Randall, dans le dernier billet publié sur
son blog du Telegraph, "a des raisons de croire [qu'il] est de l'ordre de 400.000 £ (ndlr : presque 600.000 euros) et qu'il pourrait augmenter avec des accords en Amérique et dans le reste du monde". Il considère également comme très forte la possibilité d'un film.
"Petite anglaise" aura-t-il autant de succès en format papier que sous forme de blog ? Le blog est en effet gratuit, accessible de partout dans le monde, interactif de par la possibilité de commenter, ...
Et quels avantages en tirera l'éditeur sachant que pour être rentable, le livre devra être vendu à un million d'exemplaires ? Question de mode selon Paul Carr, rédacteur en chef de Friday Project, une start-up travaillant sur les confluences entre
internet et édition : "C'est comme une répétition de la bulle internet. De la même manière que les éditeurs voulaient un site internet sans savoir de quoi il s'agissait, ils achètent des blogs juste parce que c'est la tendance du moment".