Les salariés de Telecom Italia étaient en grève hier pour protester contre le projet de restructuration envisagé pour le groupe de télécommunications italien.
Selon un responsable du syndicat de gauche CGIL (Confederazione Generale Italiana del Lavoro : Confédération Générale Italienne du Travail), près de 80% des 63.000 salariés du groupe étaient en grève ce mardi et une manifestation réunissant un millier de personnes s'est déroulée à Milan. Telecom Italia n'a, lui, donné aucun chiffre.
Le 11 septembre dernier, le Conseil d'administration de Telecom Italia avait décidé d'
une restructuration du groupe pour en recentrer les activités sur le haut débit et les médias. Le processus prévoyait la séparation des activités de réseau et de téléphonie mobile de l'opérateur historique italien.
L'annonce d'une possible cession de Tim, filiale de Telecom Italia et dernier opérateur mobile italien, avait provoqué l'inquiétude des syndicats, amenant
l'autorité de régulation des télécommunications à exiger des explications de la part de la direction du groupe. Le 15 septembre dernier, Marco Tronchetti Provera avait
démissionné de la présidence de Telecom Italia, remplacé par Guido Rossi, l'homme qui avait mené à bien la privatisation du groupe en 1997.
Telecom Italia affiche aujourd'hui une dette de 41,3 milliards d'euros et la cession de sa branche mobile, évaluée à 35 milliards d'euros, permettrait d'éponger en partie cette dette, d'où la crainte des syndicats et des salariés du groupe. Selon Luigi Angeletti, le secrétaire général du syndicat modéré UIL (Unione Italiana del Lavoro : Union Italienne du Travail), le revirement stratégique est une erreur "qui met en jeu des emplois au sein du groupe et affaiblit le secteur des télécoms".