"
Le blog offre toute la place que l'on n'a pas dans le quotidien, mais aussi permet d'adopter un ton différent, tout en se conformant aux règles de la profession", a déclaré à l'AFP Thomas Sotinel, envoyé spécial du quotidien Le Monde et auteur, avec son collègue Jacques Mandelbaum, du blog intitulé "Cannes, pair et impair".
Cette phrase résume tout l'intérêt des journalistes pour les blogs. En effet, hors des contraintes de ton ou de format imposées par leurs rédacteurs en chef, les journalistes peuvent s'exprimer de façon tout à fait subjective et décrire une réalité pas toujours évoquée dans la presse.
Cédric Couvez, spécialiste people du quotidien gratuit 20 Minutes, déclare, en parlant de son blog "Cannes you don't sleep" : "
Mon blog est une extension du journal sans interdit ni tabous, ni gabarit à respecter, avec souplesse et subjectivité à la clé".
Ces blogs sont aussi l'occasion de lire les impressions des journalistes avant même la parution de leurs articles dans la presse. Ainsi, Darren Waters, reporter de la BBC, a raconté en exclusivité, jeudi, le regard assassin que lui a jeté Kirsten Dunst quand il a demandé à Sofia Coppola ce qu'elle avait ressenti pendant la bronca des journalistes contre son film "Marie-Antoinette".
Aurélien Ferenczi, de l'hebdomadaire Télérama, se libère également totalement sur son blog : "
Cannes est une école de la frustration pour ceux qui n'y sont pas et aussi ceux qui y sont (...) C'est une machine infernale : il y a trop de films à voir, trop de gens à connaître, trop d'infos à digérer. Quand l'emploi du temps dérape, la faute à la fatigue, ou au hasard, un léger vent de panique vous saisit. Et puis, on en prend son parti, on accepte de ne saisir l'événement que partiellement...".
Le blog devient ainsi l'outil idéal pour dire tout haut ce que la majorité pense tout bas. Il se pourrait bien que l'année prochaine la revue de presse officielle du festival intègre quelques-uns de ces blogs, tout au moins ceux des journalistes les plus influents.