Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Intérieur, se mêle d'organiser une réunion qui aura lieu lundi prochain. Cette table ronde aurait pour but de trouver des solutions sur la question des droits d'auteur sur Internet. On peut dès lors se demander pourquoi Sarkozy, qui n'a rien à voir avec le dossier, intervient-il.
Sarkozy a profité de ses voeux à la presse pour déclarer : "La licence globale n'est pas une solution viable", et ainsi marcher sur les plates bandes du Premier ministre, du ministre de la Culture, ou encore du ministre de l'Industrie... En effet, quel rapport entre l'industrie du disque et la sécurité intérieure ?
Selon Sarkozy, le montant de la licence globale "ne sera jamais assez élevé" pour les artistes, un discours à l'opposé de celui de Roberto Di Cosmo, professeur à l’Université Paris VII.
Nicolas Sarkozy veut trouver une "troisième voie" permettant de "concilier" les intérêts des artistes, rémunérés grâce aux droits d'auteur, et des internautes, qui veulent un accès libre à un maximum de contenu.
Le président de l'UMP n'est pas à une porte défoncée près, et déclare "croire à la nécessité pour les artistes d'être rémunérés pour leur création". On peut alors se poser la question de la légitimité des débats qui se sont déroulés à l'Assemblée Nationale, sans la présence de ce dernier... Peut-être que le ministre de l'Intérieur a une solution "Globale" au problème.
Nicolas Sarkozy y va de ses habituelles petites phrases, telles que son souhait qu'il n'y ait "pas d'automaticité" mais une "gradation" dans les sanctions prévues contre les internautes qui enfreindraient la loi. "Ce n'est pas la même chose de faire un téléchargement une fois de temps en temps et d'être un industriel de la question", a-t-il expliqué. Faut-il sous entendre que la puissance du karsher doit être graduée selon la gravité du délit ?
Nicolas Sarkozy voudrait également créer "...une autorité pour réguler" les rapports entre les internautes et les artistes, sur laquelle il faudra "sans doute tâtonner".
Nicolas Sarkozy ne s'occupe bien entendu pas de cette question en tant que ministre de l'Intérieur, mais en tant que président de l'UMP, car "l'amendement en question est venu de parlementaires de l'UMP". Un bel exemple de mélange de fonctions, et l'on peut se demander où se trouve la frontière entre la présidence de l'UMP et son rôle au niveau du gouvernement.
Rappelons que l'examen du texte doit reprendre début février.