La Loi DADVSI a fait couler beaucoup d'encre, et certains artistes ont réagi vivement aux amendements légalisant le P2P. La licence globale, selon eux, proclame la mort de la diversité culturelle. Eddy Mitchell a, entre autre, tenu des propos virulents : "J'espère que l'Assemblée nationale va démissionner à moins que les députés ne soient plus rémunérés."
Un communiqué signé entre autres par Johnny Hallyday, Louise Attaque, Thomas Fersen, M et Corneille précise que si ces artistes "étaient opposés aux sanctions prises contre quelques internautes ayant téléchargé illégalement de la musique sur Internet, cette position ne signifie en aucun cas qu'(ils sont) favorables à un système de licence globale." Maxime Le Forestier observe que celle-ci est "un recul par rapport à Beaumarchais, créateur du droit d'auteur en 1791".
Louis Bertignac affirme même que "cet amendement est débile et rappelle, étrangement, les heures les plus sombres du système soviétique. Il serait si simple de faire payer un forfait (moins de 7 euros) inclus dans l'abonnement, donnant droit au téléchargement d'un giga de données, et que chaque giga supplémentaire de données téléchargées soit taxé, par exemple de 1 euro reversé aux ayants droit."
Roberto Di Cosmo, professeur à l’Université Paris VII et auteur de "Piège dans le Cyberespace" a réagi dans une lettre ouverte à Eddy Mitchell.
Cher Eddy Mitchell,
Vous faites partie, avec les autres artistes signataires d’un document qui réagit à deux amendements au projet de loi DADVSI votés il y a quelques jours par nos députés, d’un univers français de la musique et du cinéma qui m’a accompagné pendant des longues années, et que j’aime...
Dans cette lettre ouverte, il tente d'expliquer les mécanisme du système actuel instauré par l'industrie du disque. La répartition des ventes d'un CD est la suivante :
Dans le système actuel, le fan paye six fois la rémunération de l'artiste. Et l'artiste risque de voir ses revenus plafonnés :
"...criminaliser la copie peut certainement changer la répartition du budget loisir des ménages entre les différents biens culturels, mais cela ne fera pas augmenter l’enveloppe globale depensée par les ménages...".
Roberto Di Cosmo estime que l'application de la loi DADVSI pourrait même provoquer une diminution des revenus des artistes. En effet, le fait d'interdire la copie privée pourrait provoquer une baisse des ventes des supports numériques tels que les CD ou DVD vierges. Il faut savoir que ces supports sont taxés d'une redevance au titre de la copie privée, qui représente à elle seule un cinquième des revenus des artistes.
La redevance sur les supports numériques a rapporté en 2004 plus de 87 millions d'euros, dont plus de 50% sont reversés aux auteurs, artistes et interprètes.
La licence globale, si elle était appliquée à un tarif de 4 euros par mois, permettrait de rapporter dans les 432 millions d'euros, dont la moitié reversée aux artistes.
Je vous invite à lire l'intégralité de cette lettre ouverte sur le site Framasoft.