PARIS, 18 nov 2004 (AFP) - Une enquête policière est en cours pour tenter de mettre hors d'état de nuire des personnes qui diffusent sur
internet un procédé permettant de fabriquer de fausses cartes bancaires, a-t-on appris jeudi soir de sources proches du dossier.
Cette enquête est menée depuis six mois par l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC, de la direction centrale de la Police judiciaire), sur une commission rogatoire du juge d'instruction parisien Jean-Louis Peries.
Dix-huit personnes ont été interpellées lundi et mardi mais elles ont été relâchées à l'issue de leur garde à vue, a-t-on précisé.
L'OCLCTIC, qui exerce une veille permanente sur la toile pour tenter de repérer des activités délictueuses, avait remarqué certains forums de discussion où des internautes diffusaient la recette pour fabriquer des "yes-cards".
Ces cartes permettent de contourner certaines des procédures d'identification, en particulier celle du code confidentiel. "Elles disent toujours +oui+, d'où leur nom de +yes-cards+", mais ne peuvent servir que pour effectuer de petits achats, notamment de carburant sur les pompes automatiques ou pour téléphoner depuis des cabines publiques, a-t-on expliqué.
En 2002, les auteurs de logiciels permettant la fabrication des "yes-cards" avaient été interpellés, mais ces logiciels "avaient suffisamment circulé sur le net pour être récupérés par des petits voyous dont certains continuaient à les diffuser", soulignait-on jeudi soir de sources policières spécialisées.
Les dix-huit personnes ont été interpellées sur l'ensemble du territoire métropolitain, par les policiers des directions interrégionales de Police judiciaire de Bordeaux, Dijon, Lyon, Orléans, Rennes, Strasbourg et Versailles qui ont participé à l'enquête de l'Office.
Le GIE cartes bancaires, qui regroupe les banques, estime que l'utilisation de ces "yes-cards" cause un préjudice de 15 millions d'euros aux banques en 2003.