Le
Tribunal de Correctionnel de Meaux a rendu son jugement concernant les
téléchargements de musiques et film sur internet. Le tribunal a jugé
principalement que le téléchargement pouvait être couvert par la copie
privée. Les personnes jugées n'ont reçu que des peines "mesurée", se
limitant à des amendes avec sursis, alors que la partie civile avait
demandé des peines de
prison avec sursis et des amendes conséquentes.
Voici le communiqué dans son intégralité :
L'Association Des Audionautes (ADA) souhaite diffuser la décision du
jugement du Tribunal de Correctionnel de Meaux concernant le
téléchargement de musique et film sur Internet. Alors que cette
juridiction est réputée pour sa sévérité, la décision du tribunal reste
mesurée dans sa condamnation en établissant un certain nombre de
fondements juridiques :
• Les téléchargements sont couverts par la copie privée
• La publication de la décision n'est pas nécessaire
• Le préjudice subi par les ayants-droit se caractérise seulement
comme une perte de chance représentant une licence judiciaire de moins
de 0,75 euros par morceau.
Ce jugement constitue une avancée pour le combat que mène l'ADA car
il reconnaît que les téléchargements sont couverts par la copie privée.
Sur la question de savoir si le partage de fichiers serait
répréhensible, le tribunal écarte certes l'argument de la bonne foi qui
était présenté pour la première fois par la défense, mais l'attendu du
tribunal ne lui ferme pas la porte et laisse entrevoir la possibilité
de le faire jouer dans le futur.
Au niveau de la sanction pénale, le tribunal fait un usage modéré
de son pouvoir de sanction et d'amende. Les condamnations pénales
prononcées ne sont que des amendes avec sursis alors que le
représentant du ministère public avait pourtant requis des peines de
prison avec sursis et des amendes conséquentes. Le tribunal refuse
également d'ordonner la publication réclamée par les nombreuses parties
civiles.
Au niveau des condamnations civiles, le tribunal refuse simplement
tenir compte du nombre de fichiers en jeu en indiquant que le préjudice
des parties civiles se mesure seulement comme une perte de chance de
bénéfices commerciaux, et non comme un manque à gagner.
Il convient cependant de noter que les parties civiles ont cru
devoir faire appel de ce jugement modéré, ce que regrette profondément
l'ADA pour qui cette attitude constitue, tout simplement, de
l'acharnement judiciaire.
D'autres procès sont en cours avec les avocats sélectionnés par l'ADA qui sont intervenus dans le dossier de MEAUX.
L'ADA espère encore défendre les Internautes et rappelle qu'elle condamne le recours aux procès pénaux pour faire des exemples.
L'ADA rappelle également que de nombreux intervenants de l'Internet
souhaitent qu'une solution autre que celle de la répression soit
apportée à l'utilisation des logiciels de « peer to peer ».
La décision du tribunal est disponible à cette adresse Internet :
http://www.audionautes.net/pages/PDF/tgi_meaux.pdf
A propos de l'Association Des Audionautes
L'ADA est une association de loi 1901 créée début octobre par des
lycéens qui ont souhaité réagir face à la répression et aux procès de
l'industrie de la musique et du cinéma. Elle comporte aujourd'hui plus
de 2000 membres: étudiants, chercheurs, juristes, économistes,
artistes...
Aziz Ridouan, Président de l'ADA : aziz@audionautes.net ; 0624414265
Quentin Renaudo, Vice-président de l'ADA : quentin@audionautes.net ; 0619487174
Jean-Baptiste Soufron, Juriste de l'ADA : soufron@gmail.com ; 0617962457