Voici donc la nouvelle feuille de route pour le dégroupage ADSL en
France, elle présente les nouvelles orientations prévus. Elle doit être
examinée par la
Commission européenne, l'ART devra effectuer éventuellement des
modifications sur d'éventuelles remarques ainsi que de celles formulées
par les autorités de
régulation nationales et les acteurs du marché, dans le cadre d'une
consultation publique ouverte jusqu'au 13 mai.
France Télécom est qualifié d'opérateur
exerçant une influence significative, et de ce fait est susceptible de
recevoir des contraintes afin d'améliorer l'état de la concurrence.
L'ART émet donc des souhaits vis à vis de France Télécom :
- sur le marché de gros des offres d'accès large bande livrées au
niveau national, l'ART propose d'interdire à France Télécom de
pratiquer des tarifs d'éviction, définis comme "des niveaux de tarifs
tels qu'ils ne permettraient pas aux fournisseurs d'accès à internet et
aux opérateurs alternatifs efficaces de se développer et de
concurrencer France Télécom avec une rémunération normale du capital
investi".
- contraindre l'opérateur historique à imposer une obligation de
"non discrimination", par laquelle l'opérateur devrait appliquer des
conditions équivalentes dans des circonstances équivalentes aux autres
opérateurs fournissant des services équivalents.
- formaliser les conditions
techniques et les prix de cessions internes pour les offres résidentielles haut débit, afin de lui
permettre "de s'assurer de l'absence de discrimination et de tarifs
d'éviction et de révéler l'existence d'éventuelles pratiques
anticoncurrentielles sur le marché de détail".
- une séparation
comptable, qui permettrait selon elle d'assurer la transparence des
prix des offres de gros et de prévenir les subventions croisées
abusives.
- concernant le marché de gros de l'accès dégroupé à la boucle locale,
qui relie les équipements de télécommunications au domicile de
l'abonné, obligation de faire
droit "aux demandes raisonnables des opérateurs tiers visant à obtenir
l'accès à des éléments de réseaux ou à des moyens et ressources
associées sur le marché du dégroupage". Le dégroupage nécessite en
effet l'installation d'équipements dans les centraux téléphoniques de
France Télécom.
- obligation de fournir l'accès au dégroupage dans des conditions non
discriminatoires entre les différents opérateurs et les filiales de
France Télécom, en s'assurant en particulier que "les processus
opérationnels ne fassent pas peser sur les opérateurs des charges qui
les pénaliseraient par rapport aux autres offres de gros et de détail
de France Télécom".
- obligation de publication
d'informations concernant l'accès au dégroupage, afin notamment de
permettre aux opérateurs ou aux investisseurs intéressés d'être
informés des investissements qu'ils devront consentir.
- obligation de publier une offre technique et
tarifaire d'accès ainsi que d'assurer la qualité de service du
dégroupage et de publier des indicateurs de qualité.
- un contrôle tarifaire qui permettrait que
ses tarifs reflètent les coûts correspondants ainsi qu'une séparation
comptable.