Les FAI ne sont pas obligés de filtrer les échanges musicaux
Publié par Infested Grunt dans la catégorie Général/Internet le 11/03/2005 Lu 3394 fois - 0 commentaire
Une étude menée par Gilles Kahn, président de l'Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique), et par Antoine Brugidou, directeur-associé chez Accenture, révèle que le filtrage pourrais se faire mais pas chez les FAI.
Ce document a été remis ce jeudi
après-midi au ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, et au
ministre délégué à la recherche, François d’Aubert. Il devait également
être remis au ministre délégué à l’Industrie, Patrick Devedjian, mais
ce dernier était en déplacement à Mantes-la-Jolie.
C'est le filtrage sur
l'ordinateur de l'internaute et uniquement à sa demande qui a été
retenu par les deux experts pour une expérimentation. Une solution
évidemment moins efficace que celle qui consiste à filtrer les
protocoles de peer-to-peer. Mais qui n'oblige pas les FAI à intervenir sur
leurs réseaux, ce qu'ils se refusaient à faire, pour des questions
techniques mais aussi de coûts.
En fait, ce rapport, prévu par
la charte signée entre les fournisseurs d'accès à Internet et
l'industrie du disque en juillet 2004, se penche sur la faisabilité des
solutions avancées par une précédente étude, menée par Cap Gemini et à
laquelle était associé le Syndicat national de l'édition phonographique
(Snep). Ce sont les conclusions de ce premier travail qui se retrouvent
invalidées.
La solution proposée par Cap Gemini consistait à installer des boîtiers sur les réseaux pour un filtrage généralisé. Mais un tel dispositif risque de
dégrader la qualité de service des FAI, de compliquer la migration vers
des équipements réseaux plus performants et de provoquer un cryptage
des protocoles par les développeurs de plates-formes de P2P, selon le rapport de Kahn et Brugidou.
Le rapport préconise une autre
expérimentation, sur les réseaux celle-là, mais dans le but d"observer
les échanges de contenus, pour de l"analyse statistique. Mais aussi
pour étudier la faisabilité de ce type de dispositif et
évaluer les investissements nécessaires à sa généralisation.
Ce test est censé durer trois
mois et ne prévoit donc pas de blocage de contenus. C"est la société
Audible Magic qui va s"en charger avec les outils de reconnaissance de
contenus qu"elle a développés, CopySense. Elle dispose
notamment d"une base de données contenant les signatures de 3,8
millions de morceaux de musique.