"Le phasage des décisions n'est pas bon. On donne satisfaction à France Télécom immédiatement au détriment des abonnés et on repousse à plus tard les décisions en faveur de la concurrence", a déclaré Jacques Veyrat, le P-DG de l'opérateur contrôlé par le groupe Louis-Dreyfus.
L'une des contreparties qu'a obtenu le régulateur concerne le tarif du
dégroupage total qui baisserait d'un euro en juin prochain.
La ligne coûtera alors 9,50 euros hors taxes par mois aux opérateurs pratiquant le dégroupage.
Une offre de revente de l'abonnement devrait aussi voir le jour en septembre, avec une mise en service au premier trimestre 2006.
"Je ne vois pas ce qui empêchait l'ART de prendre des mesures tout de suite sur le dégroupage au lieu d'attendre juin. De même, on nous avait promis la revente de l'abonnement en 2005 et c'est reporté à 2006 ... La décision reflète davantage le souci légitime de l'Etat actionnaire qu'une volonté de défendre la concurrence et le consommateur", précise Jacques Veyrat.France Télécom obtient son augmentation qui prend effet immédiatement, et ne rend aux opérateurs alternatif 1 euros qu'à compter de juin.
Neuf Telecom juge insuffisantes les avancées, et réclamait un tarif du dégroupage de 7 euros par mois, afin d'arriver à une marge d'au moins 40% par rapport à l'abonnement afin d'offrir "un espace économique" aux opérateurs alternatifs. A partir de juin, la marge ne sera que de 18,8%.
Pareil pour les frais d'accès en dégroupage partiel. Ils passent de 78 à 55 euros.
Neuf telecom réclamait 40 euros.
Selon Jacques Veyrat, France Télécom augmente l'abonnement, mais réduit les investissements sur le réseau fixe, alors que sa Société a dépensé 330 millions d'euros.
De son côté, Cegetel se dit déçu par la décision de l'ART. Il considère que la hausse de l'abonnement de France Télécom va
"impacter fortement les petits consommateurs" et
"n'est concevable que simultanément à une ouverture réelle de la concurrence sur l'accès et donc sur l'abonnement téléphonique".
Cegetel considère cette décision comme "
un coup d'arrêt à une régulation harmonieuse du secteur alors que les opérateurs concurrentiels comme Cegetel sont en passe d'investir fortement dans le haut débit et les services associés".
"La décision du régulateur ne réunit pas les conditions d'un investissement durable dans ce secteur et c'est France Télécom, qui bénéficie de 85% de part de marché en valeur, qui en sort encore renforcé", regrette SFR-Cegetel.
Le groupe
"demande instamment au gouvernement de ne pas se ranger à cet avis du régulateur".