Patrick Devedjian, le ministre délégué à l'Industrie, a fait part de son intérêt pour cette innovation qui va permettre de trouver de nouveaux débouchés pour les fournisseurs de contenus et les opérateurs de téléphonie mobile.
"Avec d'une part un écran pratiquement toujours disponible dans la poche d'un nombre croissant d'utilisateurs et d'autre part une habitude prise de payer pour accéder à un contenu ciblé, l'arrivée de services vidéo mobiles s'annonce comme un marché particulièrement prometteur", a dit Patrick Devedjian, ministre délégué à l'Industrie, en lançant un forum à Bercy.
Les solutions techniques pour la télévision mobile existent déjà, la téléphonie mobile de troisième génération (3G), et la télévision numérique terrestre (TNT) offrent des solutions de mobilité avec les normes MPEG-4 et DVB-H.
La loi sur les communications électroniques dite "Paquet Télécoms", dont les décrets d'application doivent être signés avant la fin de l'année, offre un cadre juridique simplifié et harmonisé qui doit favoriser la convergence dans le secteur.
La télévision mobile existe déjà sous forme de
streaming ou de vidéo à la demande sur des terminaux 3G.
Il existe malgré tout des divergences entre les différents intervenants :
- Marc Tessier, président de France Télévisions, s'est ainsi interrogé sur l'impact de la cession de droits de football aux opérateurs mobiles 3G.
- Patrick Le Lay, P-DG de TF1, a expliqué pour sa part que le marché de la publicité ne pouvait "pas monter à 20% de progression par an" - la croissance moyenne annuelle étant de 4,5% sur les 17 dernières années - et qu'il fallait trouver d'autres sources de financement.
Le point le plus bloquant concerne l'allocation du dernier bloc de fréquences non attribué de la
TNT. Ce bloc (R5) est destiné en principe aux télévisions locales et aux futures chaînes de télévision à haut définition (TV-HD). Mais les opérateurs mobiles voudraient bien se l'approprier...
Francis Beck, membre
CSA, dénonce ainsi
"une tentative d'OPA" et a fait état de problèmes techniques et juridiques, la loi ne permettant pas l'attribution de telles fréquences aux opérateurs de télécoms. Il les a invités à chercher des fréquences ailleurs.
Pascal Rogard, président de la SACD, qui défend les auteurs, indique de même que les opérateurs de téléphonie
"lorgnaient les fréquences R5".
Les chaînes de télévision françaises sont soumises en effet à des règles pour la défense des oeuvres nationales.