Ce n'était qu'une formalité pour la majorité, le texte dit Hadopi a été adopté majoritairement par 296 voix contre 233 (529 députés présents ?). Rappelons que ce texte prévoit une sanction graduée pour les internautes pris à faire du téléchargement illégal sur
internet. Le dernier stade est la coupure de l'accès à Internet si celui-ci recidive. Nous ne reviendrons pas sur le "bordel magnifique" qui a suivi ce vote, et nous attarderons sur ce qui s'est passé hier au sein de cette Assemblée.
Ce qui a entaché le débat hier est la fameuse affaire Jérôme Bourreau, responsable du pôle innovation Web du groupe TF1 licencié pour avoir envoyé un email à son Député, françoise de Panafieu. L'opposition n'a pas hésité à crier "démission, démission" à l'encontre de Christine Albanel, sinistre ministre de la Culture.
Le député socialiste Michel Françaix lui a lancé lors des débats : "
Il n'est pas bon, à TF1, de ne pas marcher au pas sarkozyste ! Cette histoire en dit long sur la complicité entre votre gouvernement et TF1. Mme Albanel, êtes-vous fière d'appartenir à un gouvernement qui prône la collusion avec les médias ?".
Bien sûr celle-ci se défend d'avoir la moindre responsabilité dans cette affaire : "
J'ai déclaré publiquement que je regrettais cet envoi qui, d'ailleurs, a été fait sans aucune demande de sanction mais pour information. J'ai pris des sanctions à l'encontre du collaborateur en question". Et oui, Hadopi a fait une seconde victime alors que le texte n'était pas encore voté. On a affaire ici à un bouc émissaire pour tenter de calmer le jeu.
C'est à ce moment la que les députés de gauche ont crié à son égard "démission, démission"... Françoise de Panafieu n'a pas été en reste puisque celle-ci s'est tout simplement fait traité de balance.
Jérôme Bourreau n'est pas en reste puisqu'il a dénoncé mardi par l'intermédiaire de son avocat le motif réel pour lequel il a été licencié.
La version de TF1 consiste à dire que les prises de position de Jérôme Bourreau sont contraires à la position du groupe sur la loi "Création et Internet". TF1 s'est clairement prononcé pour la mise en place des sanctions. La prise de position de l'employé de TF1 allait donc dans un sens différent de celle de la direction, et le motif invoqué est donc le licenciement est motivé par une divergence "forte de stratégie".
L'avocat de Jérôme Bourreau, Me Emmanuel Noirot, affirme que "
Ces reproches sont infondés et ne figurent pas dans la motivation de la lettre de licenciement", et ajoute que Jérôme Bourreau "
n'a jamais eu connaissance d'une quelconque prise de position officielle de TF1 au soutien du projet de loi Hadopi". Pour Jérôme Bourreau, son licenciement est dû à une demande du cabinet de la ministre de la culture (cf
Le Monde)
L'affaire sera d'ailleurs porté devant les Prud'Hommes, pour licenciement abusif.