Lors de
la présentation du Plan Numérique par le secrétaire d'Etat à l'Economie Numérique, Eric Besson a indiqué que la quatrième licence serait soumise à un appel d'offres qui devrait être débattu selon 3 critères :
- le taux de couverture,
- la valorisation du patrimoine
- le renforcement de la concurrence
Pour le Canard Enchaîné, les 2 premiers points sont à la faveur de Bouygues Telecom, d'Orange et de SFR.
Pour la dernière condition, Eric Besson a prisé que cela dépendra des conditions d'accueil des MNVO, des opérateurs virtuels, sur le futur réseau 3G. Cette dernière condition va surement désavantager Iliad qui, dans l'
ADSL, n'est pas très partageur de son réseau (exception l'héritage du contrat de Budget Telecom sur le réseau d'Alice). Elle avantagerait plutôt Numericable qui a une licence MNVO sur le réseau de Bouygues Telecom et qui montre des signes de partages évident, notamment avec
Dartybox et son offre Fibre.
Numericable et Free se sont déjà affronté pour cette quatrième licence, mais les opérations de ces actionnaires (le fond d'investissement Cinven et Altice mettant la main sur Completel) ont fait que le câblo-opérateur a préféré abandonner la compétition.
Analysons les trois critères imposés par l'Elysée
Le premier critère favorise indéniablement les opérateurs en place. En effet, ils sont déjà bien implantés, avec un taux de couverture très important. Free part de zero, un lourd handicap pour lui.
Le second critère laisse penser que la licence pourrait être vendu aux prix fort. L'Etat a besoin d'argent, et ne semble pas prêt à faire des concessions à ce niveau. Ililad réclamait une baisse du prix de la licence, tout du moins un échelonnement du paiement de celle-ci. Ce critère favorise donc encore une fois les trois en place, la division en trois blocs serait plus facile à amortir qu'en un seul.
Le troisième critère est le seul a pouvoir être qualifié de favorable à Free. Sauf que ce critère implique que le nouvel entrant facilite les conditions d'accès aux opérateurs mobiles virtuels. Encore une fois cette condition avantage les opérateurs en place qui auraient plus de facilité à assouplir leurs conditions, étant donné qu'ils ont déjà des contrats MVNO, et qu'ils leur suffirait d'assouplir leurs conditions d'accès pour répondre au critère. Et Free n'a peut-être pas l'ambition de partager son réseau, sauf peut-être avec
Alice...
On peut au final se demander si les critères imposées par le gouvernement ne sont pas une manière détournée de mettre un frein définitif à l'accession par Free de cette licence...