En début d'année, le spécialiste en sécurité Dan Kaminsky, de IOActive, a découvert une vulnérabilité majeure dans la gestion des adresses
internet (DNS, Domain Name System). Le
DNS est utilisé par chaque ordinateur connecté à internet pour mettre en relation les noms des sites et les pages de données stockées sur des serveurs.
Par exemple, explique le CERT, par le biais de cette faille, un pirate pouvait cibler un fournisseur d'accès internet et remplacer tous les services accessibles (moteurs de recherche, réseaux communautaires, banques, et autres sites) par des contenus malicieux. Du côté des entreprises, le pirate pouvait détourner le trafic sur le réseau, capturer les e-mails et autres données commerciales sensibles.
C'est dans le plus grand secret que les géants de l'internet se sont mobilisés pour corriger cette grave faille de sécurité. Alors que Kaminsky rapportait immédiatement ce problème aux autorités principales et commençait à travailler sur un correctif, les ingénieurs des éditeurs partout dans le monde se sont réunis sur le campus de Microsoft en mars pour coordonner leurs solutions.
Tous les éditeurs ont "réparé" leurs produits et sont tombés d'accord sur le fait qu'une publication synchronisée des correctifs le même jour minimiserait le risque que des individus malveillants profitent de la faille avant que tous les patchs ne soient délivrés.
La vulnérabilité est complexe, indique le CERT, et il n'est pas possible de certifier que personne ne sache l'utiliser. Mais la bonne nouvelle se trouve dans le fait que, étant donné la nature du problème, il est extrêmemnt difficile de profiter de cette faille en analysant les correctifs, une technique utilisée par les pirates pour contourner les patchs.
Malheureusement, précise encore le CERT, il est certain que la vulnérabilité deviendra publique dans les semaines suivant la publication des correctifs. L'organisme recommande donc aux particuliers et entreprises d'appliquer les correctifs aussi vite que possible.
Tous les systèmes ne pouvant être corrigés automatiquement, et pour fournir aux éditeurs de sécurité les données dont ils ont besoin pour détecter et prévenir des attaques sur les systèmes non mis à jour, Dan Kaminsky délivrera les détails de la vulnérabilité lors d'une conférence de sécurité le 6 août prochain. A ce moment, il est possible que la faille soit découverte indépendamment par des individus potentiellement malveillants. Mais le CERT espère que les sociétés auront le temps de protéger leurs plus importants systèmes avant.
Kaminsky a également développé un outil pour aider les gens à déterminer si leurs serveurs de noms sont "à risque". L'outil en question est disponible sur
doxpara.com.
Le CERT affirme qu'il n'y a aucune raison de paniquer, l'existence d'une activité malicieuse utilisant cette faille n'étant absolument pas mise en évidence, mais encore une fois, il recommande de suivre les conseils des vendeurs et éditeurs pour protéger ordinateurs et sociétés.
Source :
US-CERT