Concernant l'arrivée de France Télécom-Orange sur le marché des contenus audioviuels, M. Lévy estime que "
France Télécom devient un groupe de télévision", argumentant du budget que l'opérateur va investir dans ses contenus, équivalent à celui de M6.
En conséquence, le groupe "
doit accepter que les règles du jeu soient les mêmes pour tous" aussi bien au niveau des comptes, pour lesquels le président de Vivendi suggère la création d'une filiale chargée de gérer les contenus afin "
d'éviter des subventions croisées entre les contenus et les activités fixes et mobiles", que des obligations auxquelles sont contraintes les autres chaînes de télévision.
Quant à l'accès aux chaînes d'Orange réservé aux abonnés de l'opérateur, M. Lévy estime que "
ce serait très inquiétant et les pouvoirs publics devraient intervenir. Cela signifierait qu'il faudra changer d'opérateur ADSL ou mobile pour accéder à certains contenus" et "
c'est le consommateur qui serait pris en otage". Il indique d'ailleurs que SFR
Neuf Cegetel, tout comme Free l'avait fait savoir, a demandé l'accès aux chaînes d'Orange. "
En cas de refus, nous en tirerons les conséquences juridiques", déclare-t-il.
Il juge d'ailleurs préoccupant le bilan de la concurrence dans les télécoms fixes : "
Sur la quinzaine d'entrepreneurs au départ, il ne reste plus que deux nouveaux entrants dans l'ADSL. Aucun des autres n'a pu survivre", étouffés par l'opérateur historique.
"
France Télécom accapare 85 % de la marge générée, ne laissant que 15 % à ses deux concurrents. Comment peuvent-ils investir dans ces conditions ?", dit-il encore, estimant que "
les pouvoirs publics doivent s'attaquer à la rente excessive dont dispose France Télécom, grâce à l'abonnement et au dégroupage. Cette rente est d'autant plus injustifiée que le réseau est amorti depuis longtemps".
Interrogé sur le rachat du fournisseur d'accès
internet Alice, Jean-Bernard Lévy explique : "
Sur ce dossier, nous avons fait une proposition adaptée. Alice était loin de la rentabilité et des restructurations considérables auraient été nécessaires".
Rappelons que c'est Iliad, la maison-mère de Free, qui est entré récemment en négociations exclusives avec Telecom Italia concernant l'acquisition de la filiale internet française de ce dernier, Alice.
Source :
Les Echos