La
Fibre optique, c'est bien joli, mais c'est réservé aux grandes villes. A la campagne, on en est encore à se demander si un jour on pourra dépasser les 512k du
ReADSL, mais il faut s'occuper le plus rapidement possible d'équiper les immeubles en fibre optique, comme on offrait les jeux romains au peuple affamé.
La fracture numérique d'hier concernait l'accès au haut débit, celle de demain sera l'accès au très haut débit. Il faut rappeler que 20% du territoire n'est pas encore couvert par le Graal
ADSL, mais ils ne représentent que 2% de la population, abandonnés au profit du déploiement de la fibre optique. Que nenni dirait Besson, le Satellite est ton ami...
Mettons de côté mon côté rural, et passons en mode urbain. Eric Besson, secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique, demande une intervention de l'Arcep pour accélérer les débats pour le déploiement de la Fibre Optique, au nom de la concurrence. Curieusement, cette prise de position a été faite lors d'une visite d'immeuble équipé en fibre optique par les deux principaux "opposants" à France Telecom :
Neuf Cegetel et Iliad (Free). Attendons-nous toutefois à une autre prise de position rapide, après visite d'un autre immeuble, cette fois-ci équipé par France Telecom. Autre son de cloche, autre décision...
Notons que cette prise de postion intervient juste avant les discussions qui vont avoir lieu à l'Assemblée Nationale (le 27 mai), concernant la loi de modernisation de l'économie. L'article 29 concerne le développement de la fibre optique. Sarkozy s'était engagé à couvrir 100% du territoire en Haut Débit fixe et mobile pour 2012.
Selon Besson, l'Arcep doit se saisir très vite du dossier sur deux points :
- les conventions-types qui fixeront les relations entre opérateurs télécoms et les co-propriétaires,
- la question du point physique de mutualilsation des réseaux.
Concernant la mutualisation, certains opérateurs souhaitent que celle-ci se fasse à l'extérieur de l'immeuble, d'autres en pied d'immeuble.
On peut se demander pourquoi une telle précipitation du Gouvernement à vouloir réguler la fibre optique. Tout simplement parce que les différents acteurs se sont lancé dans une bataille acharnée de l'équipement des immeubles (premier arrivé, premier servi). En effet, une fois un opérateur installé, il parait difficile de demander aux syndics de copropriétés de refaire une fois de plus des travaux. L'immeuble raccordé se trouve alors la propriété d'un opérateur. Il est donc nécessaire de prévoir une possibilité d'accès aux opérateurs tiers aux équipements de leur concurrent.
France Telecom avait été accusé par l'UFC-Que Choisir et les opérateurs alternatifs de bloquer la concurrence. Notons que les opérateurs les plus avancés en terme de déploiement de la fibre optique sont France Telecom et Numericable.