Les pourparlers entre Yahoo! et Microsoft, dans le cadre de l'éventuel rachat de la firme de Sunnyvale par celle de Redmond, sont terminés. Enfin, si l'on peut parler de discussions car depuis le 1er février, date à laquelle Microsoft faisait une offre non sollicitée à Yahoo!, le groupe de Steve Ballmer a donné l'impression de se heurter à un mur.
Les dirigeants de Yahoo! n'ont jamais voulu en démordre, l'offre de Microsoft était inacceptable car elle sous-évaluait le groupe. Mais, pire que le héron de La Fontaine, à trop tergiverser, Yahoo! n'a même pas rencontré un limaçon.
Ce week-end, Microsoft a annoncé qu'il renonçait à l'opération. Malgré la proposition de relever l'offre de rachat de cinq milliards de dollars, ce qui l'aurait portée à 33 dollars par action Yahoo, contre 31 dollars initialement, pour un montant total de 47,5 milliards de dollars, Yahoo! a continué à camper sur ses positions réclamant 37 dollars par action.
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Après un examen minutieux, nous estimons que les exigences financières de Yahoo! ne sont pas raisonnables pour nous et qu'il est dans le meilleur intérêt des actionnaires, des employés et des autres détenteurs de parts de Microsoft de retirer notre proposition", a finalement écrit Steve Ballmer, patron de Microsoft, à Jerry Yang, directeur général de Yahoo!, ajoutant qu'une éventuelle alliance de Yahoo! avec Google excluerait définitivement la possibilité d'un rapprochement du portail avec Microsoft.
Le groupe de Redmond doit maintenant trouver d'autres solutions pour concurrencer Google dans le domaine de la publicité sur
Internet, Google qui d'ailleurs empiète largement sur les platebandes de l'éditeur de Redmond avec sa gamme d'applications en ligne. Steve Ballmer avait écrit à ses employés que, même si le rachat de Yahoo! aurait accéléré les objectifs du groupe, ceux-ci étaient toujours d'actualité et seraient tout de même réalisés.
C'est donc terminé pour Microsoft qui sort de ce qui aurait pu être la plus grande fusion jamais réalisée entre deux groupes informatiques en laissant Google "grand gagnant" selon les analystes.
Par contre, ce n'est pas terminé pour Yahoo! qui va maintenant devoir expliquer sa stratégie à des actionnaires pas vraiment heureux des décisions des dirigeants de la firme de Sunnyvale. Jerry Yang devra notamment avoir de bons arguments pour justifier le refus de l'offre relevée de Microsoft.
Eric Jackson, qui dirige "Plan B", un groupe de quelque 140 actionnaires qui détiennent collectivement deux millions d'actions de Yahoo, a annoncé qu'il allait lancer une campagne visant à convaincre les autres actionnaires de retirer leur confiance à tous les administrateurs du portail lors de la prochaine assemblée générale annuelle. "
Les actionnaires n'ont même pas eu la possibilité de voter, mais le conseil a négocié à notre détriment", a déclaré l'actionnaire dissident qui se dit déçu par l'issue de l'affaire.
David Garrity, analyste chez Dinosaur Research, commente : "
J'espère pour Yang qu'il sera en mesure d'annoncer rapidement une alternative stratégique, quelle qu'elle soit, pour expliquer pourquoi 31 dollars ne lui ont pas suffi". "
L'idée d'engager des poursuites judiciaires va démanger une certaine partie de la base des actionnaires lundi matin", ajoute-t-il, tandis que Laura Martin, analyste chez Soleil Securities, a jugé que le groupe internet réclamait un prix trop élevé : "
Trente-trois dollars était un prix correct dans le contexte de ralentissement de l'économie et de tendances négatives sur le marché publicitaire".
Ce matin, l'action Yahoo! perdait 17,2% à la Bourse de Francfort dans les premiers échanges à 14,88 euros, soit 23 dollars, et la chute pourrait être vertigineuse selon les analystes si le portail ne convainc pas rapidement d'une stratégie alternative.