Pour en arriver là, SFR a déposé un dossier à la DGCCRF après avoir obtenu le feu vert des comités d'entreprise de Vivendi, de SFR et de
Neuf pour la fusion. Selon une source du Figaro proche du dossier, Bercy estime que Neuf et SFR sont sur des marchés complémentaires (Neuf Cegetel sur le fixe et
Internet et SFR dans les mobiles). La concentration SFR-Neuf ne devrait avoir que peu d'impact sur la concurrence des trois marchés des télécoms (téléphonie fixe, téléphonie mobile et Internet). De plus, Vivendi et SFR ont pris des mesures dans le cadre du rapprochement de SFR et des activités fixe et Internet de Tele2 (en particulier, sur les chaînes du bouquet CanalSat). Pas moins de 8 engagements seraient pris par SFR et Neuf pour satisfaire les règles de la concurrence.
8 engagements que les concurrents de Neuf et de SFR descendent en flèche. Ces derniers doivent apporter leurs commentaires à la discussion qui a lieu à Bercy. Ils réclament que la fusion passe devant le Conseil de la Concurrence. Orange va jusqu'à menacer d'un recours au Conseil d'Etat si le dossier ne passe pas devant celui de la Concurrence. France Telecom n'est pas opposé à la fusion mais regrette que le Conseil de la concurrence ne soit pas saisi et trouve que les engagements pris par Vivendi et SFR ne sont pas suffisants. Le Conseil de la Concurrence, par son président, fait tout pour qu'il soit saisi du dossier.
La décision finale reste du ressort de Christine Lagarde. Elle va devoir trancher avant la mi-avril pour savoir si le dossier de fusion sera validé d'un trait ou si le Conseil de la Concurrence doit être saisi et la fusion reportée de 6 mois.