Il y a quelques jours, l'opérateur historique français a annoncé son intention
d'ouvrir ses fourreaux à la concurrence dans le but d'accélérer le déploiement de la
fibre optique. Cette proposition, soumise à l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), est toutefois assortie d'une condition : en vertu du principe de non discrimination entre opérateurs, les concurrents disposant des mêmes infrastructures doivent en faire autant.
Pour l'Association française des opérateurs de réseaux et des services de télécommunications (Aforst), cette "
ouverture est un premier pas dans le sens des demandes de l’AFORST" mais "
elle est insuffisante pour garantir le développement d’offres concurrentielles, en matière de très haut débit par fibres optiques".
En effet, si France telecom annonce une offre de gros finalisée pour la fin de l'année, l'Aforst pense "
très probable que cette offre de fourreaux ne sera pas opérationnelle avant de nombreux mois, voire plusieurs années, compte tenu de l’absence de système d’éligibilité transparent cartographiant les capacités de fourreaux disponibles", ce qui pourrait conduire entre-temps à une saturation des fourreaux, "
notamment du fait du déploiement par France Télécom de ses propres câbles optiques, conduisant à la mise à disposition de tronçons de fourreaux encore plus disparates, sans la continuité nécessaire aux opérateurs concurrents pour accéder en fibre optique à leurs clients", une situation qui mettrait France Telecom en position monopolistique sur les réseaux de nouvelle génération, avertit l'Association, et qui entrainerait la perte de plusieurs années "
pour le marché et la société".
L'Aforst estime que le gendarme des télécoms doit demander à France Télécom "
parallèlement à l’accès aux fourreaux, de dimensionner son déploiement de fibres pour permettre à la concurrence d’y accéder en contrepartie d’une juste rémunération", une condition indispensable selon l'Association pour démarrer le très haut débit "
sur des bases saines et concurentielles au bénéfice des territoires et des consommateurs et grâce aux investissements de tous les opérateurs".